Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell-James Lovegrove

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Ce roman est une lecture plaisir, tant destinée aux lecteurs du Sherlock original de Conan Doyle qu’aux amateurs des histoires Cthulhiennes plus classiques. Aucun des deux types de lecteurs ne sera déçu, mais j’ose dire qu’aucun des deux ne sera non plus totalement emballé. En tout cas c’est l’impression que j’ai eu tout au long du roman. Mais je vais trop vite, reprenons au commencement…

Dès les premières pages, on est confronté à la découverte d’un hypothétique écrit de feu le docteur Watson par un lointain héritage familial (impliquant au passage un certain Lovecraft…). Le récit découvert constitue le livre développé ensuite, mais on est prévenu qu’il y aura 2 suites à venir, sur deux autres époques de la vie de Sherlock Holmes. On imagine bien vite que tous ces écrits constituent les enquêtes réelles de Sherlock Holmes, les aventures racontées par Conan Doyle n’étant que des histoires inventées pour cacher la vérité indicible du monde…

Les premières scènes racontent la véritable rencontre entre Watson et Holmes, et le début de leur collaboration / amitié, le tout sur fond d’une série de meurtres étranges. On retrouve donc tout ce qui fait l’essence des romans de Conan Doyle – le Londres de la fin du XIXème siècle plutôt côté petite gens, des personnages hauts en couleur, une enquête a priori compliquée mais dont Sherlock arrive très vite à tirer les grandes lignes, et les lieux habituels tels que les clubs, tripots, et l’inévitable 221 baker street. Moriarty est bien sûr présent, en la personne du grand méchant (je ne pense pas spoiler quelqu’un en disant cela, personnellement je me demandais à chaque chapitre quand il allait apparaître). Cependant l’auteur a instillé des éléments pour que l’enquête dérive petit à petit vers une lutte contre le retour des Anciens et autres Dieux extérieurs. Ce mélange est habile, et s’insère bien dans l’enquête, bien que certaines choses soient un peu téléphonées, mais ce point est assez fréquent chez Conan Doyle, avec souvent un événement qui vient débloquer une situation quasi inextricable.

Au niveau de l’histoire poulpesque, il ne faut par contre pas chercher de nouveauté, c’est du ultra classique, presque pré-digéré par un shoggoth. On a le droit à du vrai tentacule, les 1000 formes de Nyarlathotep, des sectateurs (avec une pointe d’originalité), et bien entendu une recherche dans les livres, et le bien entendu-encore-prédigéré Necronomicon. Cette partie sur le mythe est la plus convenue du livre.

Que retenir de ce livre ? On y passe un bon moment, en retrouvant des personnages que l’on connait et que l’on redécouvre dans une situation (encore) plus tendue que d’habitude. c’est bien fait, assez crédible, mais voilà ça ne m’a pas passionné. On ne tremble pas un seul instant, beaucoup de choses sont prévisibles, et même si cela est assez fidèle à Conan Doyle le livre soufre d’un manque de rythme.

Sherlock Holmes et les Ombres de Shadwell s’adresse donc aux amateurs du mythe de Cthulhu voulant aller lorgner du côté de Sherlock, plutôt qu’aux lecteurs de Conan Doyle voulant découvrir une intrigue plus corsée. Ma déception vient surtout du fait que la logique de Sherlock se trouve confrontée à l’inexplicable, en fait un inéluctable du coup trop « simple », et que le mythe est vraiment trop conventionnel. Je lirai sans doute la suite, en espérant que le livre me passionnera plus que ce tome-ci. Un bel exercice de style, mais qui ne tient pas toutes ses promesses !

Autres avis: ActusfElbakin, Bifrost 

sherlockAuteur: James Lovegrove

Éditeur : Bragelonne

Parution: 14/02/2018

Automne 1880. Le Dr John Watson rentre d’Afghanistan. Blessé et prêt à tout pour oublier son passé, Watson voit sa vie changer lorsqu’il rencontre Sherlock Holmes. Le détective enquête sur une série de décès survenus dans le quartier londonien de Shadwell. Des victimes qui semblent mortes d’avoir été affamées pendant des semaines ont été retrouvées, alors qu’elles ont été vues en bonne santé à peine quelques jours plus tôt…
Holmes établit un lien entre les morts et un sinistre baron de la drogue qui cherche à étendre son empire criminel. Cependant, Watson et lui sont bientôt obligés d’admettre que des forces sont à l’œuvre dont la puissance dépasse l’imagination. Des forces que l’on peut invoquer, à condition d’être assez audacieux ou assez fou…

 

 

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10 commentaires sur “Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell-James Lovegrove

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  1. Bonjour
    J’ai hésité à me le prendre pour les mêmes raisons, la crainte d’un traitement trop simpliste des deux thèmes. Je pense aussi que la logique de l’un et l’irrationnel de l’autre ne font pas forcément bon ménage.

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    1. Dans les aventures de Sherlock il y a toujours une part laissée à l’intuition, en plus de tout ce qui est résolu par la logique. Ici effectivement ce côté intuitif est balayé par l’irrationnel. C’est un des aspects qui me font dire que le livre est réussi au sens écriture et plaisir apporté, mais que le ciment entre les 2 mondes ne peut pas véritablement prendre.

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    1. Si tu adores Sherlock à mon avis tu devrais quand même essayer. Sans connaitre quoique ce soit de l’auteur je ne doute pas un instant qu’il ne soit pas fan absolu tant de Conan Doyle que de Lovecraft (voire Derleth / Lumley diront les méchants)

      Aimé par 1 personne

  2. mouais mouais mouais…. sais-tu que tu me refroidis grandement pour le coup ?… j’avais bien envie de le lire celui-ci – étant grande fan de SH- je l’ai même pris en nuùérique car, je me tâtais avant de me l’offrir dans cette belle édition dorée. Mais là, c’est vraiment moyen… bon, je l’ai je le lirai, avec bien des réserves, et qui sait, mes attentes descendues à la cave, me permettront une expérience de lecture d’un niveau acceptble (au-dessus de la mer…)

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    1. Je suis tombé dessus aux Imaginales en très bon état et en occaz, et en grand fan de Lovecraft et amateur de Sherlock je n’ai pas hésité. Ensuite la lecture reste plaisante, mais finalement l’histoire importe assez peu : on se retrouve dans une enquête classique du duo de Baker Street dont la résolution se fait en passant par la case mythe de Cthulhu. On se prend souvent à repérer les petits clins d’oeil aux oeuvres des deux auteurs, et à naviguer en terre archi-connue. C’est pour cela que je ne l’ai pas classé dans les « mauvaises » lectures.

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