Semiosis – Sue Burke

semiosis

Semiosis est le premier roman de Sue Burke. Une suite intitulée Interference doit paraître aux États-Unis en octobre. Cependant, le roman peut se lire indépendamment et on peut se contenter de ce tome. L’autrice a commencé par écrire une nouvelle appelée Adaptation en 1999. Cette nouvelle constitue le premier chapitre du livre.

Une planète pas si hospitalière

Semiosis est un  roman qui parle de la colonisation d’une nouvelle planète, il appartient au registre du planet opera. Tout commence par un groupe de 50 personnes qui ont pour projet de quitter la Terre pour aller s’établir sur une autre planète. Le projet repose sur des fonds privés. La vie sur Terre est devenue invivable à cause des guerres, du réchauffement climatique et autres horreurs, et les colons espèrent trouver mieux ailleurs. Ils veulent construire un monde nouveau, pacifiste et écologique pour ne pas reproduire les erreurs passées commises sur la Terre. Ils pensent avoir trouvé la planète rêvée avec Pax. Le voyage dure 158 ans passés en hibernation pour les 50 colons. Cependant, de nombreuses inconnues subsistent sur la nouvelle planète et les colons vont vite le découvrir.

Le danger ne vient pas d’une race extra-terrestre présente sur la planète ou d’aliens bizarroïdes. Il est ailleurs, dans l’environnement même de la planète. Octavo, spécialiste en botanique, se rend vite compte que les plantes de Pax sont différentes et possèdent une intelligence spécifique. Pour savoir la véritable nature de ces plantes, il faut apprendre à les connaitre et découvrir si elles sont hostiles ou si leur motivation est tout autre. Il faut pouvoir interpréter les signes, les comprendre et le titre du roman prend alors son sens. Sémiosis signifie en linguistique, relation entre le signe, le signifiant et le signifié. Par exemple, le fait de lever la main peut être interprété différemment selon la situation. Il en est de même dans le roman avec les plantes.

Sue Burke construit une planète à la fois différente de la notre par de nombreux aspects et proche sur d’autres points. Le lecteur découvre ainsi la faune et la flore de Pax en même temps que les colons, et se familiarise avec les calmes fippochats ou les effrayants aigles qui ne ressemblent pas du tout à ceux de la Terre, et surtout au bambou arc-en-ciel qui aura un rôle prépondérant dans l’histoire.

 Un récit sur la cohabitation

Le roman est construit à la manière d’un fix-up de nouvelles avec sept chapitres avec des narrateurs différents. Les 7 chapitres de longueurs différentes racontent le destin de la colonie sur sept générations pendant 107 ans, à partir du moment où les 50 colons arrivent sur Pax. Chaque chapitre est construit comme une longue nouvelle et aborde une génération de colons. On suit ainsi le destin de ces colons selon des points de vue différents, tout en gardant des personnages communs. Cette construction permet de suivre la colonie sur une longue période et met aussi en évidence un des thèmes principaux du roman, les difficultés de la cohabitation non seulement entre humains, mais aussi de l’homme avec son environnement. Les colons avaient une vision bien précise de ce qu’ils voulaient bâtir sur Pax, une forme d’Utopie reflétée par le nom choisi pour la planète. Les colons prennent pour nom les Pacifistes et choisissent de construire un monde sans guerre ni religion.

Cependant, la planète va leur révéler des éléments non prévus et il va leur falloir s’adapter à leur environnement. L’autrice développe ainsi des thématiques liées à l’écologie et à la compréhension entre espèces. Les colons vont devoir prendre en compte et composer avec la faune et la flore de Pax, principalement avec une espèce de bambou particulièrement intelligente. Cet entité appelée Stevland devient un personnage qui prend la parole dans le récit. Les passages où il devient narrateur sont vraiment passionnants, le lecteur comprend les différents points de vue. L’évolution au fil du temps permet de montrer comment la cohabitation peut s’avérer difficile mais aussi positive. Certes, on aurait aimé aller plus loin dans l’exploration de la planète et de la colonie au travers le temps. Mais le roman est d’une incroyable richesse et choisit de mettre en avant des espèces peu communes en science-fiction de manière intelligente.

Semiosis offre ainsi un subtil mélange de roman d’aventures, de colonisation où la biologie a un rôle très important. Le roman a beaucoup de qualités aptes à leur faire apprécier d’un large public. Le récit est parfois âpre, mais sans jamais tomber dans l’indifférence. Le roman parle de la cohabitation, d’altérité, de différences et d’acceptation. La narration est habile, la plume fluide et imagée. Un très bon roman dont on espère voir la suite en français.

Chronique réalisée dans le cadre d’un Service Presse (merci encore)

Voir aussi: Interview Sue Burke

Autres avis : ApophisLe chroniqueur, Boudicca, FeydRautha, Gromovar, Cédric JeanneretTouchez mon blog, Monseigneur, Chut maman lit, Yogo

semiosis

Autrice : Sue Burke

Illustration: Manchu

Traduction: Florence Bury

Édition: Albin Michel Imaginaire

Parution :4 septembre 2019

Ils sont cinquante – des femmes, des hommes de tous horizons. Ils ont définitivement quitté la Terre pour, au terme d’un voyage interstellaire de cent soixante ans, s’établir sur une planète extrasolaire, qu’ils ont baptisée Pax. Ils ont laissé derrière eux les guerres, la pollution, l’argent, pour se rapprocher de « la nature ». Tout recommencer. Retrouver un équilibre définitivement perdu sur Terre. Construire une Utopie. Mais avant même de fonder leur colonie, des drames mettent à mal leur idéal. Avarie sur une capsule d’hibernation, accident d’une des navettes au moment de l’atterrissage. Du matériel irremplaçable est détruit. Les morts s’accumulent. La nature est par essence hostile et dangereuse ; celle de Pax, mystérieuse, ne fait pas exception à la règle. Pour survivre, les colons de Pax vont devoir affronter ce qu’ils ne comprennent pas et comprendre ce qu’ils affrontent.

Cette chronique fait partie du challenge Summer Star Wars – Solo
ssw-solo

23 commentaires sur “Semiosis – Sue Burke

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  1. Je vais avoir la sensation de me répéter car j’ai lu la critique de Boudica juste avant. Il est rassurant de voir que vos avis convergent!
    Donc, voici je lui disais que j’espérais le gagner lors d’un concours ou le recevoir en SP (car j’y allais un peu en aveugle). Hélas, ni l’un, ni l’autre ne s’est réalisé, alors je vais me l’offrir. Il y a tant à acheter… que de choix et de dilemmes proprement cornéliens!! Si, si!

    Bref, de l’aventure dela biologie, une planète inconnue..; c’est forcément pour ton lutin!

    Aimé par 1 personne

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