Vortex-Robert-Charles Wilson

Vortex

Spin fait partie des livres que j’ai préféré de Robert-Charles Wilson. Il est présenté comme un premier tome de la trilogie du même nom mais peut largement se suffire à lui-même. L’auteur présente les 3 romans en disant que Spin est un one shot suivi de deux romans se déroulant dans le même univers. Il faut voir la trilogie de cette manière sous peine d’être fortement déçu. Vortex conclut à sa manière la trilogie, mais c’est loin d’être un des meilleurs romans de l’auteur.

Le début de Vortex est un peu confus, puis on comprend vite que l’histoire se déroule sur deux époques bien distinctes: l’une sur Terre avant les faits d’Axis et l’autre sur Equatoria puis sur Terre  dans un futur très lointain. Sur une Terre période post Spin, Sandra Cole travaille comme psychiatre au State Care, un centre d’accueil qui aide les marginaux ayant des problèmes mentaux. Un beau jour, l’officier Bose amène le jeune Orrin Mather afin qu’il soit évalué. Orrin est un jeune vagabond sans beaucoup d’éducation mais il a sur lui d’étranges carnets qu’il a écrit et où il est question d’un certain Turk Findley dans un très lointain futur. Bose s’intéresse particulièrement à Orrin et commence à tisser des liens avec Sandra pour essayer de comprendre ce que signifient exactement ces carnets et savoir si Orrin y dépeint véritablement le futur.

L’intrigue happe facilement le lecteur grâce au mystère concernant Orrin et ses fameux écrits. Le mystère sur les Hypothétiques et l’envie d’en savoir plus sur eux fait aussi tourner les pages facilement. Le récit est très rythmé et le roman se lit agréablement. Il y a aussi un côté enquête qui apporte une bonne dynamique au récit. La partie se situant dans le futur a aussi pas mal de qualités. La découverte de Vox, conçue comme une cité idéale où le collectif prime sur l’individu, est intéressante. Le fait de situer les deux récits dans des segments temporels aussi éloignés apporte beaucoup de variétés à l’histoire. L’univers décrit par l’auteur est cohérent et les événements de ce roman s’intègrent très bien avec le reste.

Cependant, malgré ses qualités indéniables, j’ai eu l’impression que de nombreux éléments n’étaient pas assez approfondis. Vox est esquissée mais on manque de vraies notions sur certaines choses comme la culture, l’histoire du vaisseau. Robert-Charles Wilson prend un peu des raccourcis, notamment en utilisant des stéréotypes comme la résistance au système en place, le couple formé par les deux héros qu’on voit venir à 3 kilomètres, en gros rien de bien surprenant, ni assez fouillé. L’auteur nous a habitué à mieux dans d’autres romans.

Dans les romans précédents de Robert-Charles Wilson, les personnages étaient très travaillés. Ici on a des personnages profondément humains (comme toujours chez l’auteur) qui sont confrontés à des évènements qui les dépassent. Mais là, je les ai trouvé moins définis que dans d’autres romans de l’auteur. Bose correspond un peu trop à l’archétype du flic sympa au passé mystérieux qu’on a souvent vu. Sandra  apparait un peu trop malléable, elle fait confiance trop facilement à Bose. Seul Orrin est vraiment intéressant et il canalise l’intérêt de l’histoire.

Les révélations finales sur les Hypothétiques sont attendues depuis longtemps et Wilson prend son temps pour les amener. Il faut un peu s’accrocher pour comprendre ces passages et les lire à plusieurs reprises. J’avoue préférer le doute sur leurs nature et leur motivation qu’il subsistait à la fin de Spin à ces révélations un peu trop confuses. Je trouve également un côté un peu trop « happy end » à la fin du roman, la fin plus ouverte, moins « heureuse » de Spin me convenait mieux.

Le style de Robert-Charles Wilson est toujours fluide et très agréable à lire mais je ne le trouve pas au meilleur de sa forme avec ce roman. Il ne faut pas comparer Axis et Vortex à Spin, c’est certain mais je pense que j’attendais trop de ce dernier tome et j’ai été déçue. Robert-Charles Wilson nous a offert beaucoup mieux dans cet univers et dans d’autres aussi d’ailleurs.

Autres avis: BlackWolf, Le chien critique

Spin, Tome 3 : Vortex par Wilson« Je m’appelle Turk Findley et je vais vous raconter ce que j’ai vécu longtemps après la disparition de tout ce que j’aimais ou connaissais. » C’est par ces mots que commence le premier des dix carnets lignés trouvés dans le cartable d’Orrin Mather, jeune vagabond interné dans un centre d’accueil de Houston. Ces carnets racontent l’histoire de ce Turk Findley qui, en passant un arc temporel des Hypothétiques, a fait un bond de dix mille ans dans le futur et s’est retrouvé sur Vox, un archipel artificiel sur le point de franchir l’arc pourtant fermé qui fait communiquer Equatoria avec le berceau de l’humanité – une Terre à l’agonie devenue toxique et inhabitable. Pour Sandra Cole, le médecin en charge d’Orrin, ce récit est un roman de science-fiction plein d’élucubrations sur les Hypothétiques et leur nature exacte, mais certains faits contredisent cette confortable théorie, car Orrin connaît bien un monsieur Findley, un trafiquant très dangereux…

Auteur: Robert-Charles Wilson

Édition: Denoël

Parution: 22/08/2012

Traducteur: Gilles Goullet

Cette chronique fait partie du challenge

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9 commentaires sur “Vortex-Robert-Charles Wilson

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      1. Je vais attaqué Vortex, mais il est en livre de poche, et j’ai un petit soucis de vue/lunettes. La liseuse me permet de passer globalement outre, mais les petits caractères non. Et un rendez-vous chez l’ophtalmo, c’est entre 3 à 6 mois….. pfff. Cette semaine est la semainde du dépit! 😦

        Aimé par 1 personne

  1. Je partage ton ressenti sur le fait que le tome 1 se suffisait amplement, mais j’ai tout de même bien apprécié ce tome.
    Comme toi, j’aurais voulu que soit plus développé l’archipel Vox, il y avait tant à faire.
    Pour les personnages, je trouve qu’ils correspondent bien à ce qu’a voulu en dire Wilson : la psy perdue entre un métier dont elle ne reconnait plus les valeurs et la société post traumatique après Spin, donc « malléable », à la recherche de sens. Le flic garde son mystère : qui est-il au final ? En outre, Wilson joue sur son ambivalence, on ne sait jamais une bonne partie du roman si il est du bon côté.
    Reste Orin, le plus mystérieux, mais dont le lecteur se sent le plus proche, son seul but est de pouvoir se racheter.

    C’est le problème des auteurs ayant sorti une pépite de leur cerveau, on reste déçu par des romans plus communs. Pour ma part, mes relectures m’ont permis de ne pas avoir trop d’attente par rapport à la connaissance de l’ensemble, et j’ai parfois été agréablement surpris par d’autres qualités.

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    1. Je pense que tu as tout à fait raison sur le fait que tout roman après Spin m’aurait déçue, c’est l’effet après pépite.
      Par contre, je ne me vois pas relire Axis et Vortex, peut être Spin un jour par contre.

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