La Chose de John W. Campbell

La Chose est un court roman de John W. Campbell écrit sous le pseudonyme de Don A. Stuart. Le titre original du roman est Who Goes There?, il a été publié en 1938 dans le magazine Astounding Science Fiction. Après une première traduction sous le titre La Bête d’un autre monde par Alain Glatigny en janvier 1955, la novella est parue au sein du recueil Le ciel est mort chez Denoël dans la collection Présence du futur. Le Bélial’ a réédité ce texte dans la collection Une heure Lumière avec une nouvelle traduction signée par Pierre-Paul Durastanti.

Un classique de la science-fiction

Le roman de John W. Campbell est devenu un classique de la science-fiction pour plusieurs raisons. En 1973, l’organisation Science Fiction and Fantasy Writers of America a élu le roman parmi les « histoires de science-fiction les plus influentes, importantes et mémorables jamais écrites ». Il a ensuite été adapté au cinéma par Christian Nyby dès 1951 sous le titre La Chose d’un autre monde. Cependant c’est surtout l’adaptation The Thing de John Carpenter en 1982 qui va lui donner une reconnaissance internationale. Le film a eu un succès mitigé lors de sa sortie, mais il est par la suite devenu culte au point d’influencer d’autres auteurs, et de voir une préquelle réalisée en 2011 sous le même titre et dirigé par Matthijs van Heijningen. Le film raconte ce qui s’est passé dans la station scientifique norvégienne avant celui du Carpenter. En 2014, le roman de John W. Campbell a reçu rétrospectivement le prix Hugo du meilleur roman court pour l’année 1939.

Un récit de SF horrifique

La chose est un roman de science fiction horrifique. L’histoire du roman est un huis clos angoissant parlant d’une menace invisible et de la question d’identité. Le roman se déroule en Antarctique, territoire en pleine découverte à l’époque de l’écriture du roman. La parution de Les montagnes hallucinées de Lovecraft date de 1936 dans le magazine Astounding Stories. La Chose date de 1938 et pourtant le roman offre un récit moderne. Une équipe de scientifiques découvre lors d’une expédition un vaisseau et une créature d’origine extra-terrestre. Le vaisseau est pris dans la glace depuis de nombreuses années mais ils arrivent à ramener la créature à leur base en pensant qu’elle est morte. Pourtant, dans la nuit, le monstre se réveille et les scientifiques découvrent qu’il a la capacité de prendre la forme qu’elle veut.

L’angoisse monte très vite avec la volonté de découvrir qui est qui au sein de la station scientifique. L’ambiance du récit devient très vite glaçante avec une montée en puissance de la tension psychologique. La dimension horrifique vient de la paranoïa qui s’étend très vite et de la nature même de la chose qui est capable de prendre autant de fois qu’elle le veut l’apparence de n’importe quel être vivant tout en copiant fidèlement sa personnalité. On voit assez peu la créature dans le roman, on sait qu’elle est présente dans l’ombre sans vraiment savoir où, ni ce qu’elle fait. La chose est une forme de vie qui nous est totalement étrangère, mais elle ne se montre pas vraiment agressive, elle utilise ses capacités extraordinaires pour survivre. Les hommes essayent d’avoir recours à la science pour trouver qui est contaminé par la chose mais la nature de la créature ne facilite pas les choses.

La Chose est ainsi un roman particulièrement réussi et mis en valeur par la traduction de Pierre-Paul Durastanti. Le récit met en avant la paranoïa montante due à la nature de la créature, l’angoisse du huis-clos est palpable, le cadre de l’antarctique avec le froid et l’éloignement y sont pour beaucoup également. A lire par tous ceux qui ont aimé le film de Carpenter et les autres !

Autres avis: FeydRautha, Lutin 82, Apophis,

Auteur : John W. Campbell

Éditeur: Le Bélial, collection Une Heure-Lumière

Publication : 5 novembre 2020

En Antarctique, quelque part. Enfoui sous la glace, aux abord d’un artefact aux allures de vaisseau spatial, des scientifiques découvrent un corps congelé – gisant là, sans doute, depuis des millions d’années. Un corps résolument inhumain. Résolument… autre. Le choix est alors fait de ramener la stupéfiante découverte à la station pour étude. Doucement, la gangue de glace autour de la créature commence à fondre, libérant peu à peu cette totale étrangeté à l’aspect terrifiant. Et les questions de traverser l’équipe de chercheurs : qu’est-ce que cette chose ? Comment est-elle arrivée là ? Et après tout, est-elle seulement morte ? N’ont-ils pas mis au jour la plus épouvantable des abominations – une horreur proprement cosmique ?

Cette chronique fait partie des challenges:

Défi Cortex: Antarctique

et du “Le Projet Maki”

10 commentaires

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s