Haut-Royaume T.4 L’adversaire de Pierre Pevel

9791028108526

L’adversaire est le quatrième tome de la série de fantasy Haut-royaume signée Pierre Pevel.  Haut-royaume est un univers créé par l’auteur sans qu’il ait un rapport avec une période historique réelle comme dans ses précédentes séries. L’attente entre les tomes 3 et 4 aura été de deux ans soit deux fois moins qu’entre les 2 et 3. Bien entendu, cette chronique portant sur un tome 4, elle risque de contenir un certain nombre de spoilers à propos des précédents livres.

Ce tome commence avec les conséquences de la Guerre des Trois Princes sur le Haut-Royaume. Alderan est devenu roi après avoir trahi Lorn et la garde d’Onyx, ce qui les a mené à leur perte. Le récit s’intéresse surtout à Lorn même si on croise encore les autres personnages importants du royaume, c’est surtout du fait de leurs interactions avec Lorn. Celui-ci est traqué par ses ennemis, il est marqué par la trahison de son ancien ami et par la mort de ses anciens proches. De plus, il se retrouve aussi affaibli physiquement par la perte de l’Obscure. Lorn ne semble plus que l’ombre de lui-même, tout ce qu’il a construit a été détruit et rien ne lui semble épargné. Ce tome 4 est vraiment le tome de Lorn, on le suit du début à la fin. Comme il est le héros de la série, c’est un peu logique mais cela nuit à l’avancement de l’intrigue générale et on a un peu l’impression de faire du surplace.

Ce tome apporte plusieurs réponses sur le mystérieux destin de Lorn et l’on comprend mieux certains faits des précédents romans. Il en est de même sur la suite des événements. Lorn étant un personnage très charismatique et fascinant, on prend toujours autant de plaisir à le suivre. Néanmoins, certains passages sont trop prévisibles, ce qui gâche un peu le plaisir de lecture. On voit venir certains éléments à l’avance autant dans ses agissements que dans ceux des autres personnages, pourtant Lorn est loin d’être naïf et ce passage manque de cohérence.

Pierre Pevel nous offre un récit toujours aussi efficace, rythmé et immersif. Les questionnements de Lorn sur son destin, sur les choix qu’il doit entreprendre touchent toujours autant. Les scènes de combat sont très visuelles, le style est fluide et efficace. Pourtant, à force de lire l’auteur, certains « tics » de langage et répétitions usent un peu, comme si l’auteur avait du mal à se renouveler. Je pense par exemple à des expressions qui reviennent pour décrire un personnage, toujours les mêmes caractéristiques, qui aident certes à le situer mais lassent au bout d’un moment. J’aime beaucoup les romans de Pierre Pevel que je lis depuis très longtemps, mais j’ai de plus en plus l’impression de lire l’équivalent d’un blockbuster avec cette série: c’est très efficace, rythmé, beau, avec des vilains qu’on adore détester mais c’est aussi prévisible, et ça utilise toujours les mêmes ficelles.

Ce quatrième tome de la série Haut-royaume est dans la lignée du précédent et du pur Pevel. On tourne les pages très facilement, on suit avec plaisir les aventures de Lorn même si on devine longtemps à l’avance ce qui va se produire, comme si on lisait un roman formaté.

Célindanaë

Mais laissons la place à Lhotseshar pour un double avis, une sorte de contre lecture, qui en fait me conforte un peu plus dans mes impressions.

Haut-Royaume est une série que j’ai dévorée dans ses 2 premiers tomes, faites d’aventures palpitantes, proposant un monde fantasy bien léché, avec une géopolitique riche. Bref, une oeuvre ambitieuse qui faisait que l’on prenait un pied fou en la lisant, en découvrant les aventures de son personnage central Lorn, tourmenté et hyper attachant. En une semaine j’ai pu lire les tomes 3 et 4 de manière à ne pas me faire trop spoiler par Célindanaé en lisant sa chronique, et youpi je peux donc proposer un avis moi aussi sur ce tome 4 !

Autant le dire tout de suite, on aborde ce tome avec une haine folle, une envie de casser du Alderan suite à un tome 3 à la chute tragique. Lorn doit en effet se reconstruire, ramasser ses morceaux (presque autant au propre qu’au figuré !) dans Béjofa, une des 7 cités libres du royaume. A noter au passage une référence à la série de romans « spin-off » se déroulant dans ce cadre. Cela commence plutôt bien, jusqu’à arriver à une confrontation risquée et déjà-courue-d’avance entre le roi et son ancien ami, personna non grata déclaré déserteur et traite. C’est le point où l’histoire bascule, où Lorn, soudain dénué d’Obscure, se transforme en personne trop morale, où tous les morts produits s’accumulent dans son esprit et le dévient de sa quête…

La suite tient en une succession de scènes, mini-quêtes, dans lesquelles Lorn perd ses alliés, dit adieu à tout, avant de retrouver sur la fin une certaine direction à suivre. Le personnage central, presque le seul du roman ayant une consistance, subi beaucoup, règle quelques comptes, mais change trop par rapport aux tomes précédents, mais pas assez pour se confronter directement à un demi-frère usurpateur qui le traque par tous les moyens. Lorn subit beaucoup, mais semble accepter sa pénitence sans ciller. Avec le perte de l’Obscure, il semble aussi avoir perdu en intelligence.

Le roman, comme tous les livres de Pevel, se lit rapidement, on tourne les pages sans s’en rendre compte, mais au final on se trouve avec un récit un peu creux, qui donne quelques réponses à peine inattendues, mais propose surtout pas mal d’artifices ou de deus ex machina pour faire avancer Lorn dans sa quête, quand on ne tombe pas dans l’hyper prévisible. Sans m’ennuyer, la lecture de ce livre s’est faite sans passion, avec peu d’empathie pour Lorn ou pour les personnages secondaires. Que ce soit le comte d’Argor ou Naé, on ne ressent pas grand chose pour ce que j’appellerais presque des « figurants », et certains compagnons meurent même sans que cela émeuve. L’écriture de l’auteur est toujours aussi fluide et facile, mais les répétitions de mots ou d’expression commencent à faire beaucoup. Même remarque pour les remises en situation : si vous avez lu le tome 3 juste avant vous serez quitte pour pas mal de redites ou précisions faisant passer le lecteur pour un benêt qui ne sait pas qui est « l’homme dégarni qui aime les pâtisseries au miel ».

Après un tome 3 très bien fait, ce 4ème tome de la série Haut-Royaume continue à décrire la destinée du Haut-Royaume, en se concentrant sur le personnage de Lorn. Cependant cet opus est assez inférieur aux précédents, surtout si l’on considère l’excellente qualité des 2 premiers, la cause à plusieurs raisons autant scénaristiques que d’écriture. Pierre Pevel nous avait habitué à d’excellentes séries maîtrisées de bout en bout – les Lames du Cardinal ou la trilogie de Wielstadt, il est dommage qu’il soit tombé dans une certaine facilité avec ce tome. En espérant une amélioration pour le 5ème tome !

Autres avis: Boudicca

hautroyaume4

Auteur: Pierre Pevel

Édition : Bragelonne

Parution: 13/05/2020

Un héros
Un proscrit
Deux destinées
Il incarnait l’espoir d’un jour nouveau et la crainte d’une nuit éternelle. Serait-il le sauveur ou l’ennemi ? Le choix était sien.

Autres avis:

Auteur: Pierre Pevel

Éditeur : Bragelonne

Parution: 27 mai 2020

Détruite et diffamée, la Garde d’Onyx n’est plus. Désormais seul, Lorn n’a plus qu’un projet, la vengeance. Mais la guerre des Trois Princes n’est pas achevée et le Haut-Royaume reste déchiré. Et tandis qu’une ancienne menace ressurgit et promet de nouvelles Ténèbres, Lorn semble ne pas en avoir fini avec les ambitions du Dragon du Destin. Héros, proscrit ou ennemi ? Le choix lui appartient.

 

Cette chronique fait partie du challenge  S4F3

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