Les chevaliers du Tintamarre de Raphaël Bardas

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Après l’avoir lu et beaucoup aimé, Célindanae m’a passé ce livre. J’ai profité de ce début de confinement pour le terminer. Le moins que l’on puisse dire est que j’ai dévoré ce roman, et beaucoup apprécié. Cela tient  à pas mal de choses que je vais aborder par la suite.

L’histoire déjà : dans un environnement très mystérieux, une ville qui s’enroule autour d’un volcan au milieu d’une mer brumeuse, des créatures marines viennent s’échouer sur la grève, et dans le même temps des orphelines disparaissent dans certains quartiers pauvres. Si on n’en apprendra pas beaucoup sur la ville ou l’histoire de la cité, on en sait juste suffisamment pour se la représenter, et comprendre la hiérarchie entre les différents quartiers, et l’organisation générale. Quelques petits éléments de backround en plus auraient été intéressants pour donner plus de consistance à la cité.

Les personnages ensuite, c’est le gros point fort du livre ! Les 3 personnages principaux sont aussi attachants que ce qu’ils présentent comme tares : Silas, bel aventurier inachevé / véritable charcutier, Rossignol le beau parleur musicien et bourreau des cœurs, et Morue, sorte de colosse / erreur de la nature plus bête que ses pieds. On se prend à apprécier dès les premières lignes ces 3 véritables boulets en actes, amateurs de bonne chair dans tous les sens du terme, qui doivent se métamorphoser en enquêteurs très rapidement dans le livre. À côté de ces 3, plusieurs autres personnages sont développés, et ont vite une bonne crédibilité. L’auteur nous propose une belle brochette d’hommes avec tous les excès et défauts qu’ils peuvent avoir, mais aussi quelques femmes de caractères qui ne sont pas (que) des faire-valoir ou objets de désir. Car autant le dire de suite, beaucoup de choses vont tourner autour d’histoires de fesses.

Le livre propose un scénario honnête, avec quelques rebondissements et une enquête sympathique. Mais ce qui fait toute l’originalité de l’enquête est la manière dont notre équipe de bras cassés va l’aborder et découvrir petit à petit, par des voies détournées les bons indices ou faire les bonnes déductions. L’enquête est l’occasion de dialogues fleuris, comme toutes les scènes qui se passent dans les tavernes, dont celle du Grand Tintamarre. Amis de la poésie et de la finesse, vous allez être servis ! J’avoue avoir pris beaucoup de plaisir à lire les trouvailles verbales et déchiffrer l’argot proposé par nos joyeux drilles au cours de ces beuveries limites orgiaques. C’est souvent drôle, souvent inattendu, parfois un peu crade, et chaque intervention de Morue vaut son pesant de cahuète…

Le récit met aussi en scène de nombreux épisodes où l’action est bien présente, avec parfois des duels incongrus ou des vrais pugilats. On est dans une sorte de roman de cape et d’épée qui fonctionne bien tout du long, mais avec une plongée vers des épisodes plus cash et sanglants. La magie est aussi bien présente, de même que des remèdes de guérisons assez puissants (trop ?).

Raphaël Bardas propose donc un roman avec une fantasy inhabituelle, blindée d’humour et d’inattendu, qui démarre comme une enquête aussi brumeuse que le paysage de la ville, avant de s’éclaircir et de proposer une chute crédible. L’aventure est portée par des sortes de clochards alcooliques qui donnent un ton résolument unique au livre. Pas forcément pour tout le monde, mais pour moi en tout cas !

Autres avis: Célindanaé, L’ours inculteLe BibliocosmeLes Blablas de Tachan, Culture news, Boudicca, Ombrebones, Fantasy à la carte, Dup

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Auteur: Raphaël Bardas

Éditeur : Mnémos

Parution : 21/02/2020

Silas, Morue et Rossignol rêvent d’aventures et de grands faits d’armes tout en vidant chope de bière sur chope de bière à la taverne du Grand Tintamarre, qu’ils peuvent à peine se payer. Alors que Morguepierre devient le théâtre d’enlèvements de jeunes orphelines et que des marie-morganes viennent s’échouer sur ses plages, les trois compères se retrouvent adoubés par un vieux baron défroqué et chargés de mener l’enquête. Les voilà lancés sur les traces d’un étrange spadassinge, d’un nain bossu et d’un terrible gargueulard, bien décidés à leur mettre des bâtons dans les roues… et des pains dans la tronche.

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