Monstres cachés-Anthologie ImaJn’ère 2018

monstrescachés

Le festival imaJn’ère 2018 aura lieu les 28 et 29 avril à Angers. Le salon est dédié à la promotion des littératures dites « populaires » que sont le polar, la science-fiction, le fantastique, la fantasy et l’horreur via l’association imaJn’ère qui a vu le jour en 2010. Depuis, le salon publie une anthologie dont le thème change chaque année. Vous pouvez trouver les différentes anthologies ici.

Le thème de l’anthologie de cette année est « monstres cachés », un thème riche qui peut couvrir beaucoup de domaines, allant du policier avec des monstres purement humains au fantastique avec des monstres relevant de l’indicible ou encore de la science fiction avec des monstres d’origine inconnue à notre planète. Les motivations et intentions de ces monstres sont également variées. On trouve ainsi dans cette anthologie des textes relevant du policier et de l’imaginaire.

Les auteurs présents dans l’anthologie sont à la fois des écrivains confirmés et des auteurs ayant répondu à un appel à texte. On trouve ainsi 23 nouvelles dans ce recueil, ce qui est beaucoup, un peu trop à mon avis, certains textes un peu moins bons souffrant plus vite d’oubli quand les textes sont nombreux. Les textes ont tous été produits pour l’anthologie hormis celui de Lionel Davoust paru en 2007. En plus des nouvelles, on retrouve des brèves histoires de quelques lignes signée Patrick Eris.

Il y a trop de nouvelles pour parler de chacune en détail, mais on peut noter plusieurs thématiques qui reviennent suivant la facette du monstre qui est mise en avant. Le monstre peut être caché dans un humain comme le montrent plusieurs nouvelles telle que La spécialité de Charcoin de Christian Ravat où il est question d’enfance maltraitée et de vengeance. Jack l’éventreur est aussi à l’honneur dans la nouvelle de David Verdier, East End, November où on plonge directement dans la tête du tueur. Roxane Dambre met aussi en scène un tueur mais cette fois au féminin et tueuse à gage dans Les morts ont toujours tort avec du surnaturel mais principalement un monstre humain.

Simon Sanahujas nous offre une incursion dans la fantasy avec un guerrier confronté à un monstre surprenant dans Un monstre se cache là-dedans. Julien Heylbroeck s’est aussi penché sur le monstre humain dans Bleu dans un texte assez dur où il est question de tueur en série, du nazisme et de torture. Thomas Geha dans Le monde selon Minos créé un monstre très particulier dans une nouvelle très bien écrite et proposant une chronologie du futur très intéressante. Francis Carpentier mêle habilement surnaturel, magie vaudou et vengeance dans Tanatot. Lionel Davoust avec Regarde vers l’ouest propose une nouvelle très bien écrite et plutôt glaçante où il est question de paternité non désirée et d’art.

D’autres écrivains ont choisi de parler d’un monstre ressemblant plus à l’image traditionnelle que l’on en a. Samantha Chauderon dans Mort dans l’œuf situe l’action dans un pays ressemblant au japon dans une ambiance proche de Pacific rim. Célia Rodmacq adopte le point de vue d’un monstre caché dans une maison dans Des choses au fond des yeux. Mon très cher monsieur Lapin d’Audrey Calviac aborde le sujet des peurs enfantines avec un monstre assez terrifiant. Le thème de l’enfance est à nouveau au cœur de Un si beau costume de Beth Greene avec un monstre caché dans un placard. Martine Leroy-Rambaud nous propose une conception du monstre très originale dans Les elligrées, une nouvelle très bien faite bien qu’un peu trop courte.

Une des nouvelles les plus marquantes de ce recueil est Une si jolie chose signée Cédé. L’histoire se passe à Verdun en pleine guerre, un ancien policier raconte à un autre soldat, une enquête avec des crimes horribles. L’auteur aborde les deux facettes du monstres présentées précédemment, on trouve un démon à l’origine humaine. Le texte est très bien écrit avec une mise en abyme faisant ressortir les horreurs de la guerre et les monstruosités dont les hommes sont capables.

La couverture de l’anthologie nous montre un très beau Cthulhu et donc on pouvait s’attendre à trouver des nouvelles en lien avec l’univers de Lovecraft et c’est bien entendu le cas. Ces textes font partie des plus réussis du recueil et sont assez différents. Brice Tarvel dans La prison de cuir raconte les mésaventures d’un groupe de jeunes qui vont faire une excursion en mer au large d’Innsmouth en 1931. Le texte est angoissant et l’ambiance est très proche des écrits de Lovecraft. Camille Leboulanger signe une nouvelle du même genre avec Le chant du Profond. La plume de l’auteur met très bien en valeur une atmosphère très pesante. On trouve un côté enquête mêlée à du surnaturel et à la mythologie du maître de Providence dans Memento Mori de  Pierre-Marie Soncarrieu.

La nouvelle la plus longue du recueil, Phenomenae NY, est signée Jean-Hugues Villacampa. Entre second degré, occultisme, hommage à Lovecraft et enquête, l’auteur nous offre une très belle galerie de personnages dans une nouvelle vraiment très agréable à lire et digne d’une partie de L’Appel de Cthulhu. Jérôme Verschueren situe son texte dans le même registre que Jean-Hugues Villacampa avec de l’humour en prenant le point de vue d’une créature de Yuggoth dans la bien nommée La petite chose de Yuggoth. On trouve différents types de monstres dont un qu’on ne soupçonne pas vraiment au départ. Ces deux textes en ajoutant de l’humour dans un univers qui n’en contient pas du tout sont originaux et apportent une nouvelle dimension aux mythes lovecraftien rappelant un peu Karim Berrouka dans Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu.

Cette anthologie évoque ainsi plusieurs facettes des monstres cachés en allant du monstre qui sommeille au fond des hommes, à ceux plus traditionnels, en passant par des créatures issues du bestiaire lovecraftien. Les thèmes abordés sont très nombreux, intéressants et les nouvelles sont variées. Il est juste dommage qu’il y ait beaucoup (trop?) de nouvelles, certaines en éclipsant d’autres. Même si c’est souvent le cas dans un recueil, un trop grand nombre de textes accentue cet effet. Néanmoins, cette anthologie est d’une lecture très agréable et la thématique y est vraiment très bien traitée.

Des choses au fond des yeux (C.Rodmacq)
Une si jolie chose ! (Cédé)
Une histoire de loyer (J.A.Reeves)
La spécialité de Charcoin (C.Ravat)
Mort dans l’œuf (S.Chauderon)
East End, November (D.Verdier)
La prison de cuir (B.Tarvel)
Les morts ont toujours tort (R.Dambre)
Un monstre se cache là-dedans (S.Sanahujas)
Regarde vers l’ouest (L.Davoust)
Bleu (J.Heylbroeck)
Un si beau costume (B.Greene)
Les elligrées (M.Leroy-Rambaud)
Le chant du Profond (C.Leboulanger)
Mon très cher monsieur Lapin (A.Calviac)
Memento Mori (P-M.Soncarrieu)
Mon pire ennemi (A.Cuidet)
AIRE3 (C.Luce)
Le monde selon Minos (T.Geha)
Phenomenae NY (J-H.Villacampa)
Mais… qu’avez-vous fait gober à Solange ? (S.&R.Mallet)
Tanatot (F.Carpentier)
La petite chose de Yuggoth (J.Verschueren)
Les brèves de Patrick Eris … 49-77-117-159-209-239-271-303

Couverture et illustrations signées Philippe Caza

Édition ImaJn’ère 2018

 

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