Bifrost n°89 : Nancy Kress

1er+4e de couve Bifrost 89

Nous nous sommes abonnés à la revue Bifrost lors des Imaginales. J’ai reçu 3 numéros depuis mais c’est le premier que je chronique. Celui sur Jean Ray a été publié en juillet, mois de nos vacances au pays des trolls et le numéro 88 sur Greg Egan paru fin octobre n’a pas encore fait l’objet d’une lecture détaillée (pas taper!). Comme j’ai pris le temps de bien lire celui-ci, j’ai franchi le pont arc-en-ciel et je me lance dans cette chronique de ce numéro consacrée à Nancy Kress, auteure américaine que j’ai peu lu pour le moment avec  seulement L’une rêve l’autre pas à mon actif.

Commençons par les nouvelles qui sont au nombre de 5, se situe juste après l’éditorial d’Olivier Gérard et sont toutes écrites par des femmes:

∗ Martin le mercredi est signée Nancy Kress, ce qui permet de se faire une opinion sur l’auteure avant la lecture du dossier qui lui est consacrée. Le personnage principal, Martin, se réveille un matin dans une chambre inconnue avec une parfaite inconnue sans comprendre ce qui lui arrive. Une nouvelle fantastique très réussie qui aborde plusieurs thématiques: le lien entre l’esprit et le corps, la folie, l’amour et les choix de vie par rapport aux problèmes liés à la santé. Une belle nouvelle, bien écrite et construite.

Un jeu d’enfant de Ketty STEWARD: cette nouvelle est très courte avec une jeune fille partant à la guerre. Le texte est intéressant mais trop court pour vraiment entrer dedans.

L‘Éclosion des Shoggoths: le  titre de cette nouvelle de Elizabeth BEAR indique clairement son inspiration. La nouvelle se situe en pleine seconde guerre mondiale avant que les États-Unis n’entrent en guerre. Un scientifique, le professeur Harding, s’intéresse de près aux Shoggoths, des créatures  marines ressemblant vaguement à des mollusques et particulièrement intrigantes car on n’a jamais trouvé de cadavre de leur espèce. Harding espère résoudre l’énigme de leur mode de reproduction en allant les étudier de près mais les origines raciales de Harding qui est noir ne l’aident pas beaucoup. Je suis assez mitigée sur cette nouvelle, certains passages sont assez bien faits et angoissants et d’autres tombent un peu à plat. Les références à la guerre sonnent un peu faux et je n’ai pas trop compris où l’auteure voulait vraiment en venir.

∗ En finir de Isabelle Dauphin est une nouvelle relevant du fantastique très bien écrite mais assez glauque. Marianne qui va participer à un concours d’apnée séjourne dans la maison d’une amie Adèle. Cette dernière lui demande de lui ramener une jarre. Cependant, la jarre est remplie d’un étrange liquide huileux et Marianne décide de la vider en la siphonnant. La nouvelle bascule peu à peu dans l’étrange. Marianne est seule dans cette maison et l’auteure instaure un climat angoissant où on s’interroge sur ce qui se passe vraiment. C’est vraiment très bien fait même si le texte est glauque et ne plaira pas à tout le monde, mais dans le registre fantastique flirtant avec l’horreur c’est excellent.

∗ L’Obélisque martien de Linda NAGATA: la nouvelle se situe dans le futur mais pas le genre de futur où l’on voudrait vivre. Le personnage principal est une octogénaire marquée par la vie qui se focalise sur un projet : la construction d’un obélisque martien qui sera le témoin de l’existence humaine passée. Mais un jour un véhicule apparait dans la zone de construction apportant son lot de doutes. Le texte est bien écrit et son personnage principal est attachant et intéressant.

Ces 5 nouvelles évoluent dans des registres différents et permettent de faire connaissance avec des auteures modernes.

La partie objectif Runes permet de faire le point sur les dernières sorties. Je suis loin d’avoir lu tous les livres référencés, il faut dire qu’il y en a beaucoup. En général je suis assez d’accord avec les avis énoncés du moins pour ce que j’ai lu, même si il faut reconnaitre qu’ils sont assez tranchés. Entre autre repérages que j’ai pu faire, il y a :Où sont-ils ? de Roland Lehoucq dont j’ai beaucoup aimé le fameux Faire des sciences avec Star Wars, La bibliothèque de Mount Char de Scott Hawkins, et La cinquième saison de N.K.Jemisin qui avait déjà attiré mon attention sur divers blogs. L’avis sur Zothique a également confirmé ceux que j’ai pu lire sur la blogosphère et ça tombe bien vu que je suis en plein dedans. Un compléments aux critiques du magazine est disponible ici.

L’entretien avec la traductrice Anne-Sylvie Homassel par Erwann Perchoc est très intéressant. Il permet de mettre en lumière une profession de l’ombre très importante en littérature. Sans les traducteurs, il nous manquerait un bon nombre de livres et ça serait bien dommage. Un bon traducteur fait la différence dans le ressenti d’un livre. Cet entretien permet de voir le parcours de Anne-Sylvie Homassel et de connaitre un peu ses méthodes de travail.

Le dossier concernant Nancy Kress est très complet avec un entretien mené par les Quarante-Deux qui ont visiblement très bien bossé leur sujet, une étude du recueil Danses aériennes dont la conception revient aux Quarante-Deux qui répondent aussi à des questions sur la collection 42 du Bélial, un guide recensant les livres de l’auteure avec avis sur chacun ( les 2 seuls que j’ai eu envie de lire suite à la lecture de ce dossier sont Danses aériennes et Le Nexus du docteur Erdmann parus chez le Bélial est ce un hasard? ceci dit il n’y a pas beaucoup de livres de l’auteure en français à part ceux là), on s’aperçoit d’ailleurs que Nancy Kress est très prolifique grâce à la bibliographie fournie. La question de la longueur idéale des textes de science fiction est soulevée dans le dossier, le format novella est assez agréable, c’est d’ailleurs une des choses qui me donne envie de m’intéresser à Danses aériennes, d’autant plus qu’il convient visiblement très bien à Nancy Kress. Les thématiques développées par l’auteure tournent autour du génie génétique et des manipulations bio-technologiques, vastes sujets.

Le dossier Scientifiction s’intéresse à l’évolution, j’aime toujours autant lire la prose de Roland Lehoucq excellent vulgarisateur et l’article est très intéressant. On peut le mettre en relation avec la nouvelle L‘Éclosion des Shoggoths et j’imagine bien Roland Lehoucq en personnage d’une nouvelle dans un futur numéro de Bifrost!

Enfin plusieurs news diverses et variées viennent conclure ce numéro et reviennent sur les nouvelles lauréates du prix des lecteurs 2017. Un très chouette numéro avec des nouvelles qui m’ont donné envie de mieux connaitre leurs auteures.

Autres avis:Lhisbei, Lorhkan,Le chien critique,Just a word, Lutin 82

Sommaire:

Nouvelles:

  • Martin le mercredi de Nancy KRESS
  • Un jeu d’enfant de Ketty STEWARD
  • L’Éclosion des Shoggoths de Elizabeth BEAR
  • En finir de Isabelle DAUPHIN
  • L’Obélisque martien de Linda NAGATA

Rubriques et magazine:

  • Objectif Runes : les bouquins, critiques & dossiers
  • Le coin des revues par Thomas Day
  • Paroles… de traductrice : Anne-Sylvie Homassel par Erwann Perchoc

Au travers du prisme : NANCY KRESS

  • Nancy Kress et ses lendemains : un entretien, par Quarante-Deux
  • Nancy Kress multipliée par Quarante-Deux, par Org
  • Danse des mots et feux croisés : un guide de lecture kressien
  • Bibliographie des œuvres de Nancy Kress, par Alain Sprauel

Scientifiction:

  • De l’évolution des espèces en SF, par J.-Sébastien Steyer & Roland Lehoucq

Infodéfonce et vracanews:

  • Paroles de Nornes : pour quelques news de plus, par Org
  • Prix des lecteurs 2017 : les lauréats

 

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5 commentaires sur “Bifrost n°89 : Nancy Kress

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  1. Oui j’ai reçu un très gros chèque du boss du Bélial pour dire du bien de leurs titres de Nancy Kress. Tu veux profiter de ma piscine du coup ? 😉

    Sans rire, tu peux ajouter « L’une rêve et l’autre pas » dans les textes à lire (chez ActuSF) :). Je l’ai commencé à 22h30 un soir et je me suis couchée à 1h du matin pour le finir… Je sais que je ne suis plus très légitime pour parler des livres édités par ActuSF, mais celui-là a reçu les prix Asimov’s, Hugo, Nebula et GPI. Personnellement, je le place un poil au dessus du Nexus et je suis 100% d’accord avec Erwann Perchoc quand il écrit dans ce Bifrost : « Reste L’une rêve, l’autre pas, un texte important, qu’on ne se privera pas de lire et relire. »

    Et Danses aériennes est à lire (les novellas sont extras mais là je radote :p)

    Aimé par 1 personne

    1. Je veux bien profiter de ta piscine, j’espère qu’elle est couverte parce que vu ce qu’on a comme soleil 🙂
      Ne t’inquiètes pas je te fais confiance question impartialité, je suis ton blog depuis quelques temps et je sais très bien ce que tu écris, ce qui fait aussi que j’ai eu envie de lire ces deux livres.
      Ce qui m’a le plus étonnée c’est de voir autant d’avis moyen bof sur les livres proposés dans le dossier. J’ai lu pas mal de livres publiés chez Le Bélial et je ne crois pas avoir été déçue par un alors je pense que Danses aériennes finira surement dans ma bibliothèque.
      J’ai lu « l’une rêve l’autre pas » , c’est le seul de l’auteure d’ailleurs, et j’avais bien aimé.

      J'aime

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