Le vaisseau des voyageurs

Le-vaisseau-des-Voyageurs_5742Il est là, au-dessus d’eux depuis un an, ombre menaçante, sourde et muette. Tous attendent un signe, un message de ses occupants. Vont-ils envahir la Terre, sont-ils bienveillants ou hostiles ? Nul ne le sait. Le vaisseau ne part pas, et les Voyageurs se taisent…
Jusqu’à cette étrange nuit. La nuit du rêve. On apprend alors pourquoi ils sont venus. Ils proposent aux hommes ce que seuls les dieux possèdent : l’éternité.
L’éternité… mais à quel prix ? Il n’y en a qu’un sur dix mille pour s’interroger. Et refuser. Matt Wheeler, par exemple. Qui voit ses collègues, ses amis, et jusqu’à sa propre fille, se transformer en êtres qui ne sont plus tout à fait humains.
Résister ? Mais comment ? Comment sauver l’humanité?

Auteur: Robert Charles Wilson

Parution: 1992/ France 02/02/2006

Édition: Gallimard

L’auteur: Né en 1953 en Californie mais vivant aujourd’hui à Toronto, Robert Charles Wilson s’est imposé en moins de vingt ans comme l’une des têtes de file de la science-fiction canadienne. On lui doit notamment Darwinia, BIOS, Mysterium, Les Chronolithes,  ou, plus récemment, Spin, qui a reçu le prestigieux prix Hugo, et ses suites, Axis et Vortex, ou Les affinités et La cité du futur.

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Ayant beaucoup apprécié les deux romans de Robert Charles Wilson que j’ai lus récemment, j’ai eu envie de poursuivre ma découverte de l’auteur. Aussi, quand j’ai vu ce roman à la médiathèque, j’ai sauté sur l’occasion et l’ai emprunté. Même si le roman reste d’un assez bon niveau, j’ai été plutôt déçue, surtout par rapport aux précédents que j’avais lus.

L’idée de base du roman est très intéressante et on entre très vite dans le récit, comme toujours chez l’auteur. Un jour, il y a un an environ, un vaisseau extraterrestre est arrivé dans le ciel et depuis aucun signe, rien, le vaisseau se contente d’être au dessus de la terre sans communiquer. Enfin si, des monuments apparaissent sur Terre, un peu comme dans Les Chronolithes du même auteur, mais sans les effets dévastateurs ni le lien avec le voyage dans le temps. Puis, un an après l’arrivée du vaisseau, un étrange phénomène se produit touchant la planète entière: tout le monde s’endort et fait le même rêve induit par les extraterrestres, dans ce rêve une question est posée à chaque individu.

Cette question et la réponse donnée vont affecter l’humanité: chaque être humain se voit proposer l’immortalité mais sous certaines conditions. Une très grande majorité de la population répond par l’affirmative mais environ une personne sur dix mille refuse. Comme c’est le cas de Matt Wheeler, le principal protagoniste de l’histoire. Comme à son habitude, Robert Charles Wilson raconte l’histoire d’un homme simple pour narrer ce qui arrive au monde. Je trouve que cette façon de raconter va très bien à ce roman et rajoute un aspect intimiste important.

Les personnages sont intéressants et bien construits, comme toujours chez l’auteur qui prend son temps pour les présenter et les rendre attachants dans leur simplicité. Le problème est qu’il y en a beaucoup, sans doute trop et certains ne servent à rien. Je pense en particulier à Rosa Perry Connor que l’auteur met plusieurs pages à nous présenter et qui n’apporte quasiment rien à l’histoire. J’ai beaucoup aimé le personnage de Matt et celui de l’ermite que j’ai trouvé intéressant et original. Par contre, le colonel Tyler est trop caricatural, c’est un militaire borné et fou, qui tire sur tout ce qui bouge. Même si l’auteur passe du temps (beaucoup d’ailleurs) à expliquer les raisons de sa folie, le personnage est antipathique et correspond tout à fait à ce qu’on a l’habitude de voir dans les films concernant les militaires.

L’auteur utilise également certaines idées sans vraiment y donner suite, notamment les monuments en pierre, idée qu’il reprendra dans les Chronolithes et il en est un peu de même pour certains personnages qui sont très peu utilisés comme le meilleur ami de Matt ou encore Annie sa petite amie. Les relations entre les personnages qui ont répondu par l’affirmative et ceux qui ont fait le choix inverse manquent aussi d’explications, tout semble se passer très vite sans que l’on comprenne vraiment les raisons de cette cassure. Cette scission entre les personnages et le thème de la fin de l’humanité font un peu penser au roman Le fléau de Stephen King.

Le style de Robert Charles Wilson  est toujours aussi plaisant et immersif. On rentre très vite dans l’histoire et le roman se lit très bien malgré les 560 pages. Du moins au début, malheureusement, trop de longueurs viennent entacher la seconde partie du roman et on a l’impression que le récit s’enlise sans vraiment avancer.

Les thématiques du roman sont vraiment intéressantes et traitées de façon intelligente par l’auteur. Les extraterrestres sont mystérieux, et on ignore quelles sont leurs motivations. L’écologie est aussi abordée, par le biais du saccage de la planète. Le thème principal est celui de l’humanité, comment nous définit-on réellement? comment se différencie t’on de créatures venues d’ailleurs? Toutes ces questions sont vraiment intéressantes tout comme la façon de les traiter par l’auteur. Cependant, il est dommage que la construction du roman ne soit pas à la hauteur du reste.

Je ressors assez mitigée de cette lecture: le style de Robert Charles Wilson est toujours aussi prenant et les thématiques du roman passionnantes, mais certains faits sont non expliqués, des longueurs donnent une impression que le roman s’enlise et ne va pas au bout de ses idées sur certains points. L’auteur a repris certaines thématiques depuis dans d’autres romans en les détaillant, peut-être  y avait-il trop de choses pour un seul roman. Cette semi déception ne m’empêchera pas de poursuivre ma lecture des romans de cet auteur.

Autres avis: Le chien critique

Cette chronique fait partie du

challenge littérature de l’imaginaire

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et du

Challenge: Robert, je t’aime !

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9 réflexions au sujet de « Le vaisseau des voyageurs »

  1. Je suis, assez, d’accord avec ta critique, notamment sur le fait que la scission entre ceux qui ont accepté et les autres est mal explicitée. Il est vrai aussi que le bouquin fourmille de thématiques, ce qui peut frustrer par manque de développements.
    – Concernant Rosa Perry Connor, c’est ce que j’ai aimé dans ce roman, même les personnages qui ont une durée de vie limitée sont bien croqués.
    – Tyler « un militaire borné et fou, qui tire sur tout ce qui bouge » que tu trouves caricatural. Je le trouve réaliste moi ! (je blague, un peu)
    Sur les longueurs, rien à redire, tout dépend du ressenti de chacun.
    J’avais lu après le roman d’Icare et j’avais trouvé le parallèle avec ce roman frappant. Il s’agit en fait d’une réécriture de Wilson. Pour ceux que cela intéresse : https://lechiencritique.blogspot.fr/2017/08/les-enfants-dicare.html
    Semi déception qui je pense sera absoute par Dieu Wilson.

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai l’impression qu’il a eu plein d’idées et que certaines se sont perdues en route. La scission entre les 2 camps notamment c’est vraiment dommage qu’on ne comprenne pas mieux ce qui se passe vraiment.
    Pour Rosa Perry Connor, je suis d’accord avec toi mais elle arrive à un moment où on veut que le récit avance et son histoire enlise le tout.
    Tyler m’a presque fait penser au militaire dans Mars Attack avec sa réplique : il faut les niquer, les niquer maintenant! Venant de Wilson c’est dommage un personnage aussi tranché.
    Merci pour le lien de ta chronique, je ne connaissais pas.
    Si je suis absoute tout va bien 😉

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