Gentlemen Mécaniques

gentlemen-mecaniques-673-0Aux quatre coins du monde bruissent les rouages des automates, les murmures des aristocrates et les jets de vapeurs des cheminées. Aux quatre coins du monde résonnent le fracas des machines et les cris des prolétaires. Sur une Terre désormais sillonnée par les zeppelins, les trains et d’étranges automobiles à vapeur, tout est sujet à changement.
Du duc à l’anarchiste, du soldat à l’aviatrice, tous se frottent avec intensité à ce nouveau monde. La révolution vaporiste est en marche, dans les hangars des aciéries et les mines de sélénium comme dans les cœurs des humains. Bienvenue dans l’ère steampunk ! Gentlemen mécaniques vous propose douze textes steampunk qui vous emmèneront de Paris à Singapour, de la Californie à l’Australie, de l’Inde à l’Andalousie, et plus loin encore. Douze nouvelles du monde entier, douze horizons à découvrir.

Édition: Les éditions de l’instant

Parution 01/02/2017

Cette anthologie provient d’un financement participatif organisé sur Ulule en 2016 mais est disponible à la vente sur  le site de l’éditeur .

Sommaire:

  • Tom Crosshill, En attendant le numéro 5
  • Tony Pi, La malédiction de chimère
  • Kathleen Strivay-Luyckx, Hope
  • Nick T. Chan, La commande pour l’amour
  • Jesús Cañadas, Visez les tripes
  • Vivian Caethe, Les hommes de la compagnie
  • Aliette de Bodard, Mémoires de bronze, de plumes et de sang
  • Olivia Ho, Un ouvrage de femme
  • Indrapramit Das, La petite Begum
  • Sylvain Lamur, Ngurumpii
  • Emmanuel Chastellière, Fly me to the moon
  • Dylan Horrocks, Steam Girl

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Le steampunk est un genre que j’aime beaucoup de part son esthétique, son mélange des genres et l’époque où il se situe. Ce courant est assez représenté dans divers médias. Cette anthologie regroupe des nouvelles du genre et on y retrouve des auteurs de différentes nationalités, ce qui permet de faire connaitre des auteurs peu connus. La préface de Patrick Dechesne est très bien faite, il définit assez bien le steampunk en se penchant sur plusieurs descriptions et sur ce que le courant reflète, il explique aussi que ce recueil a la volonté de s’éloigner de ce que l’on a l’habitude de voir dans le genre en nous faisant voyager ailleurs que dans le Londres de l’époque Victorienne. Cette approche permet de voir différentes facettes de ce courant. Si une définition plus précise du genre vous intéresse, je vous renvoie à un article d’ Apophis très complet sur le sujet.

Comme souvent dans une anthologie, tous les textes ne se valent pas et c’est le cas ici. Cependant, ici, l’intérêt des textes va en s’améliorant, et  la dernière nouvelle Steam Girl  est vraiment excellente, justifiant presque à elle seule la lecture de ce recueil. Même si celle-ci est ma préférée, d’autres ont su me séduire et m’ont fait découvrir le genre sous un nouveau jour en situant leur histoire en Inde ou à Singapour.

  • En attendant le numéro 5 de Tom Crosshill : un homme appelé maître fait des créations d’automates, le texte s’intéresse à la n°4 qui est danseuse, la nouvelle n’est pas assez longue pour vraiment rentrer dedans.
  • La malédiction de chimère de Tony Pi: enquête sur une étrange malédiction suite au visionnage de 3 films, univers sympathique avec le début du cinéma, mélange policier et occulte dans un univers steampunk est bien fait.
  • Hope de Kathleen Strivay-Luyckx: nouvelle assez sombre sur un gamin des rues, la nouvelle s’interroge sur le hasard des naissances et ce qu’il engendre pour la future vie des personnes. Le questionnement est intéressant et la nouvelle est bien écrite.
  • La commande pour l’amour de Nick T. Chan: le monde est très steampunk avec des homocules et des golems, un golem est amoureux d’une femme et cherche désespérément la commande pour l’amour. Le thème de la différence entre l’humain et la machine est au cœur du récit.
  • Visez les tripes de Jesús Cañadas: nouvelle uchronique se déroulant pendant la guerre d’Espagne, les golems et la magie côtoient l’horreur de la guerre. Bien fait et bien écrit.
  • Les hommes de la compagnie de Vivian Caethe:  ambiance western pour cette nouvelle dont le personnage principal est  une femme dont les jambes sont des machines, une malédiction transforme les gens en espèce de monstre. Assez bien fait et se lit très bien.
  • Mémoires de bronze, de plumes et de sang de Aliette de Bodard: un guerrier créé des oiseaux machines, il a tué beaucoup de monde et c’est une manière d’exorciser ces morts. Le thème est intéressant mais c’est assez confus.
  • Un ouvrage de femme de Olivia Ho: l’action se déroule à Singapour où diverses personnes veulent récupérer une femme étrange qui s’avère être un genre d’automate. Une ambiance de guerre des gangs est mêlée aux destins de plusieurs femmes. C’est très bien fait et intéressant.
  • La petite Begum de Indrapramit Das: en Inde, une petite fille ne pouvant pas marcher mais ayant un don de télékinésie a un appareillage sur elle pour marcher. Très bien fait, le thème de l’injustice raciale envers les colons est au cœur du récit, sans doute une des plus belles nouvelles du recueil.
  • Ngurumpii de Sylvain Lamur: en Australie, histoire d’un aborigène et de vengeance avec de la magie. La nouvelle se lit bien et l’histoire est sympathique mais elle n’est pas vraiment dans le thème.
  • Fly me to the moon d’Emmanuel Chastellière: nouvelle se déroulant dans l’univers de Célestopol (chroniqué ici). Elle permet de se faire un aperçu de cet excellent univers et de style de l’auteur dans un texte qui parle d’automates et de maisons closes. Très réussie, une des nouvelles qui donne le plus envie de prolonger l’univers.
  • Steam Girl de Dylan Horrocks  : excellente nouvelle se situant dans notre monde de nos jours, où un jeune lycéen rencontre une fille étrange qui vit dans son univers steampunk et décalé. La nouvelle mélange habilement le réel et l’imaginaire. Le style est très fluide et la nouvelle peut plaire à un large public. La nouvelle que j’ai préférée pour son thème et l’hésitation sur l’interprétation qu’on peut en avoir.

Même si les nouvelles sont inégales dans cette anthologie, elle permet de montrer un autre aspect du steampunk en incluant des textes se déroulant dans des pays peu habitués au genre. Certaines nouvelles valent vraiment le coup pour leur originalité et l’émotion qu’elles suscitent. La qualité des textes allant en s’améliorant, la lecture vaut à être prolongée et je me pencherai certainement sur les écrits d’auteurs que cette anthologie m’a fait découvrir.

 Célindanaé

Autres avis: Elbakin

Cette chronique fait partie du challenge littérature de l’imaginaire

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8 réflexions au sujet de « Gentlemen Mécaniques »

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