Entretien avec Fabien Cerutti

À l’occasion de la sortie, le 12 juin dernier de Les secrets du premier coffre , de Fabien Cerutti a eu la gentillesse de nous accorder une interview. L’occasion de revenir sur le cycle du bâtard de Kosigan et de parler de ce recueil de 6 histoires un peu plus en détail:

 

– Bonjour Fabien, pourrais-tu nous présenter « Les secrets du premier coffre » ? Comment s’insère-t-il dans l’univers du bâtard de Kosigan ?

Il s’insère très bien 🙂 C’est à la fois une porte d’entrée, une extension et un pont. (Oui, j’apprécie le cumul). Une porte d’entrée avant tout, qui permet de découvrir l’univers uchronique du Bâtard de Kosigan, entre royaumes européens du quatorzième siècle, chevalerie et sorcellerie condamnée par l’Église. Grâce à six intrigues fouillées (qui ne sont pas des prétextes comme on peut parfois en trouver lorsqu’un recueil est censé compléter une série), mais bel et bien des histoires originales à part entière, prenantes (j’espère) et indépendantes.

Une extension ensuite, car l’objectif est bien sûr de creuser, d’enrichir et d’offrir une dimension supplémentaire à la saga de Kosigan. Les nouveaux lecteurs ne s’en rendront pas compte (captivés qu’ils seront par la lecture ;)), mais ceux qui connaissent les romans découvriront, en plus des récits eux-mêmes, un grand nombre d’éclairages, d’explications et d’indices sur le monde et sur différents mystères ou événements passés sous silence dans la série.

Un pont enfin, puisque ce hors-série joue les traits-d’union avec le second cycle.

– Est ce différent d’écrire des nouvelles ou romans courts par rapports à des romans?

Oui et non : le processus d’écriture est semblable pour moi, en revanche j’adore cette impression de finaliser une histoire en deux mois (au lieu d’un an et demi en moyenne en ce qui me concerne pour les romans).

– Pierre Cordwain de Kosigan alias le bâtard de Kosigan n’apparaît que dans 2 histoires sur les 6, est-ce une volonté de ne pas l’inclure dans toutes les histoires ?

Bien sûr : ce n’est pas lui le héros de ce volume, c’est le monde, l’univers. Il n’empêche qu’il le marque tout de même de sa patte. C’est la raison pour laquelle après avoir longuement hésité, j’ai fini par décider d’écrire deux romans courts dans lesquels il joue un rôle important (sans pour autant en être le narrateur comme il en a l’habitude).

– Comment t’es venu l’idée d’une pièce de théâtre (c’est un format qu’on ne voit quasiment jamais en fantasy) ? Le fait qu’elle soit signée Pierre Chamblain alias Pierre Carlet de Chamblain de… Marivaux, est-ce un clin d’œil, ou c’est destiné à mieux l’ancrer dans l’Histoire ?

Au cours de mes études j’avais étudié plusieurs pièces de théâtre, comédies ou drames historiques, et je m’étais fait la réflexion que si on enlevait les didascalies et les noms des personnages, cela pourrait se révéler très agréable à lire et former un « vrai » récit littéraire à part entière.

Plus récemment, j’ai eu envie de tenter de réaliser une histoire avec uniquement des dialogues pour insuffler davantage de vie et de dynamisme au texte, si possible avec un seul « plan séquence », comme c’est parfois le cas au cinéma. Le challenge étant de faire en sorte que le lecteur puisse s’imaginer le physique des personnages, les lieux où se déroule l’intrigue et les événements avec précision sans avoir besoin de les décrire.

Au final, c’est à la fois une véritable nouvelle (qui se lit très facilement) et une pièce de théâtre, susceptible d’être jouée (avec un peu d’inventivité en termes de scénographie).

Quant à Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, c’est à la fois un clin d’œil (assister à une représentation de sa pièce, les Jeux de l’amour et du hasard, pendant ma phase d’écriture, m’a convaincu de tenter l’expérience), ET afin de coller à l’univers historique que je mets en place (puisque le fondement de la saga est justement de découvrir des éléments cachés/oubliés/effacés de l’Histoire officielle). Et figurez vous que 1721 est quasiment la seule année où Marivaux n’est pas censé avoir écrit de pièce de théâtre, étonnant, non ? 🙂

– Concernant les cartes du livre, t’es-tu inspiré de cartes d’époque auxquelles tu as ajouté des éléments fictifs ? Comment as-tu procédé pour les établir ?

Exactement, et pour les réaliser j’ai d’abord tracé les contours et les fleuves à la main, puis placé les villes et les noms sur ordinateur. Laure Wilmot a repris ou créé la majorité des « petits dessins » de bateaux et de monstres qui décorent les cartes. Et Stéphane Arson   a magnifiquement peaufiné l’ensemble en travaillant la typographie et en ajoutant la couleur.

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– As-tu voulu faire un clin d’œil à Tolkien dans le texte Le livre des merveilles avec les voyages vers l’Ouest ?

Oui, il y a un certain nombre de références (relativement discrètes) à Tolkien, ici et là dans le Bâtard de Kosigan, dans le Livre des merveilles, c’est surtout le grand voyage final qui est concerné.

– On voyage beaucoup dans les 6 textes du recueil, plus que dans les romans. Est-ce une volonté pour élargir l’univers, les races existantes, la magie…?

Oui, l’Italie, la Méditerranée, la Chine, les archipels de l’Atlantique ; élargir les horizons et explorer différentes époques, telle est l’idée. (Cela dit on voyage tout de même un peu dans le premier cycle entre le Royaume de France, l’Angleterre et le Saint empire germanique, non ?).

– Il est question de 3 coffres et ces textes sont les secrets du premier. Peut-on espérer découvrir le contenu des 2 autres coffres ? Quels sont tes projets pour l’avenir ?

On peut l’espérer, moi je l’espère en tout cas. 🙂 Mais d’abord, le début du second cycle. J’ai recommencé à m’y mettre hier matin. Au programme du premier tome : comment renouer avec le panier de crabe qu’est sa famille quand on est un bâtard exilé pour meurtre, en pleine crise de succession, et tandis que la Bourgogne se dresse contre le Royaume de France ?

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Un énorme merci à Fabien Cerutti pour cet entretien, c’est toujours un plaisir de discuter avec lui. Je ne peux que vous encouragez à lire ces romans et ce recueil qui montrent tout le talent de son auteur. Un excellent cycle publié par les éditions Mnémos à découvrir sans hésiter:

11 commentaires sur “Entretien avec Fabien Cerutti

  1. J’adore cette interview! Et j’ai lu deux des six nouvelles et j’ai déjà un énorme coup de coeur pour celle qui se déroule en Italie (Étonnant, non?)! J’espère que les deux autres recueils de nouvelles verront le jour aussi avec un décor aussi beau que celui-ci!

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