Entends la nuit – Catherine Dufour

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Entends la nuit est un roman fantastique de Catherine Dufour. Il a été publié en 2018 aux éditions de L’Atalante dans sa collection La Dentelle du Cygne. La couverture est signée Aurélien Police. Ce roman avait attisé ma curiosité du fait des chroniques des différents blogopotes, mais j’hésitais à sauter le pas. Puis je l’ai vu à la médiathèque et me suis décidé à le lire.

Le roman se déroule de nos jours à Paris, où l’on suit les premiers pas de Myriame dans la vie professionnelle. Myriame a 25 ans, a fait des études, a mené une vie de bohème à Amsterdam. Puis la vie l’a rattrapée et suite à des problèmes familiaux, elle a décidé de revenir vivre à Paris. Elle trouve un CDD dans une entreprise appelée Zuidertoren dont la spécialité est la collecte d’informations. Un boulot qui ne l’enthousiasme pas beaucoup, pas beaucoup payé, et où on surveille ses moindres pauses. De plus, Myriame est contrainte faute de mieux de vivre avec sa mère. Sa vie n’est pas des plus roses, jusqu’à ce qu’elle fasse connaissance informatiquement parlant avec l’énigmatique Duncan Vane. Ce dernier, Lord écossais travaillant dans la même entreprise qu’elle, semble montrer un vif intérêt pour sa personne. Leur relation va évoluer, et la vie de la jeune femme va complètement changer quand Myriame va se rendre compte de la véritable nature de Duncan Vane.

Ce début de roman en rappelle plusieurs autres et surtout deux en particulier : Twilight et 50 nuances de Grey. Cependant, on est dans le registre du fantastique, donc on pense surtout à Twilight. Une jeune femme ordinaire, à laquelle un jeune homme beau, riche et mystérieux s’amourache et lui fait découvrir son monde. Un homme aux étranges capacités surnaturelles proches de celles des vampires, mais qui n’en est pas vraiment un. Le monde que va découvrir Myriame est en effet totalement à part, et le folklore développé par Catherine Dufour est vraiment très intéressant. C’est d’ailleurs pour moi le gros point fort de ce roman, l’autrice nous offre  un univers mythologique original et très bien exploité. Elle part de créatures de légendes et développe tout un monde autour de manière très cohérente.

La comparaison avec Twilight est présente tout au long du roman, et pas seulement au niveau des créatures surnaturelles, mais aussi au niveau des personnages. L’utilisation des mêmes types de personnages est voulue par l’autrice pour ensuite s’en détacher. Myriame est moins nunuche, pâlichonne que ses consœurs des romances citées, elle a plus de réparties. La narration à la première personne par Myriame renforce le mystère qui entoure Vane tout en lui donnant moins de présence dans le roman : Tout étant vu par les yeux de Myriame, on ignore de ce fait beaucoup d’éléments. Le roman débute ainsi comme une romance et en reprend les codes. Cependant, la suite est plus déstabilisante, et la relation entre les personnages devient vite malsaine. Myriame ne semble même pas se rendre compte de certains faits franchement limites. Heureusement, la fin vient contrebalancer les choses, mais c’est un peu tard. Surtout que je ne suis vraiment pas parvenue à m’attacher aux personnages, ni à leur trouver de l’intérêt, que ce soit les principaux ou les secondaires. Du coup j’avoue m’être un peu ennuyée par moments.

Entends la nuit est ainsi un roman déroutant. Certains aspects sont très réussis: un regard différent sur la ville, un univers fantastique complet et original, une critique des romances paranormales mièvres, des réflexions sur le monde du travail moderne. Cependant, les personnages sont un peu caricaturaux pour correspondre au but de l’autrice et il est difficile de s’attacher à eux. Cela m’a laissé une impression mitigée, bien que le roman soit réussi par bien des aspects.

Autres avis: Boudicca, Lutin 82 , Chut, maman lit!, Le dragon galactique,Les chroniques du chroniqueur, NevertwhereOmbrebones,

mde

Autrice: Catherine Dufour

Éditeur : L’Atalante

Parution: 18/10/2018

La chair et la pierre sont de vieilles compagnes. Depuis des millénaires, la chair modèle la pierre, la pierre abrite la chair. Elle prend la forme de ses désirs, protège ses nuits, célèbre ses dieux, accueille ses morts. Toute l’histoire de l’humanité est liée à la pierre.

Quand on a 25 ans, un master en communication, une mère à charge et un père aux abonnés absents, on ne fait pas la difficile quand un boulot se présente.

Myriame a été embauchée pour faire de la veille réseaux dans une entreprise du côté de Bercy, et elle découvre une organisation hiérarchique qui la fait grincer des dents : locaux délabrés, logiciel de surveillance installé sur les ordinateurs, supérieurs très supérieurs dans le style british vieille

Mais quand un de ces supérieurs s’intéresse à elle via Internet au point de lui obtenir un CDI et lui trouver un logement, elle accepte, semi-révoltée, semi-séduite…Mauvaise idée ?

Pas pire que le secret qu’elle porte. Myriame est abonnée aux jeux dangereux dans tous les cas, et sa relation avec Duncan Algernon Vane-Tempest, comte d’Angus, décédé il y a un siècle et demi, est à sa mesure. Du moins le croit-elle.

Catherine Dufour, éprise de légendes urbaines, nous offre avec ce roman un « anti-Twilight » tout en humour et une ode à Paris bouleversante.

20 commentaires sur “Entends la nuit – Catherine Dufour

  1. Quel beau chat, lui il a l’air d’adorer cette histoire de vampires… J’ai un peu plus accroché que toi car, les personnages parfois ne me plaisent pas mais je peux aimer l’histoire.
    Le regard sur la ville est autre, ainsi que le détournement de Twilligth (c’est peut-être pour cela que j’ai bien aimé) sans vampires pâlichons et végans.

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  2. Bien aimé pour ma part (la reprise de Twilight a vraiment du charme) mais je comprends qu’on n’accroche pas complètement. Pour les personnages je pense que c’est volontaire, ça rentre complètement dans le processus de détournement (mais effectivement l’héroïne est exaspérante parfois xD)

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  3. Quand on saisit l’allusion à Twilight, tout le roman s’éclaire en effet, mais cela fait pas mal d’amis lecteurs qu’on croise qui n’avait pas vu les références et du coup n’ont pas du tout pris ça comme un pastiche. Le plaisir de lecture s’en est ressenti malheureusement. :s

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    1. J’avais vu les références à Twilight mais je ne les trouve pas assez poussées je pense. Le personnage féminin réagit exactement pareil sauf à la fin et est aussi énervante que celle de Twilight même si je comprend pourquoi.

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      1. Oui, on ne la pardonne que quand elle finit par nous montrer pourquoi. 🙂
        Le côté peu poussé de plusieurs romans de Catherine Dufour me pose quand même un peu question au bout d’un moment : elle publie assez souvent c’est vrai, mais avec les beaux principes qu’elle met en scène, ce serait tellement mieux si elle publiait un « gros » roman plus consistant et approfondi. 😦

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