Les imaginales 2019 2/2

Ce second article sur les Imaginales 2019 va porter sur les conférences auxquelles je suis allée. J’ai réussi à tenir mon programme et à aller à toutes les conférences que j’avais repérées et même à aller à une ou deux en plus. J’y suis surtout allée le samedi car la fréquentation de la bulle du livre ce jour-là est en général très importante, donc autant aller écouter des conférences.

• Le vendredi 24 mai:

La première était pourtant le vendredi à 15h mais portait sur un sujet que je ne pouvais pas louper: Le dragon… figure majeure de la fantasy !La modération était assurée par Valérie Lawson. Les invitées étaient Isabelle Bauthian, Marie-Charlotte Delmas, Carina Rozenfeld, et Éric Sanvoisin. Marie-Charlotte Delmas a rappelé les origines du dragon qui est au départ un serpent monstrueux et dont le nom indique le regard fixe. Pour elle, le dragon est la créature de l’imaginaire la plus féroce. Jusqu’en 1758, il y avait dans des livres de biologie des chapitres consacrés au dragon avec des témoignages. Isabelle Bauthian a choisi de travailler sur le dragon car elle aime travailler sur les archétypes. Son roman Face au dragon s’intègre dans cette approche. Éric Sanvoisin a choisi lui de créer des dragons intelligents qui parlent, dans son univers ce sont les hommes les prédateurs. Ensuite est venu le sujet des diverses représentations des dragons: le gardien de trésors, le dragon asiatique gardien de point d’eau. Les mythes ont une influence constante sur les les écrivains et vice versa. Le mythe évolue grâce aux histoires, même si la croyance aux dragons est terminée.

La seconde conférence n’en était pas vraiment une mais plutôt une narration contée en musique par Marie-Charlotte Delmas avec le titre Odin, Thor et compagnie: l’épopée contée des dieux des vikings! Marie-Charlotte Delmas nous a conté les principales légendes nordiques sous fond musical et de très belle manière. Je connaissais certaines des légendes mais j’ai beaucoup aimé la manière de les raconter de Marie-Charlotte Delmas.

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Le samedi 25 mai:

Le samedi à midi, j’ai été à la présentation des actes du colloque Fantasy et histoire, qui avait lui-même eu lieu juste avant les Imaginales 2018. Cependant, j’ai du partir au milieu car je devais aller à la rencontre avec Adrien Tomas que j’avais gagné grâce à un concours. Le début était intéressant mais manquaient à l’appel Anne Besson et Jean-Philippe Jaworski qui sont arrivés après. Je me suis procuré les actes du colloque que je n’ai pas encore lu mais tout cela m’a l’air très intéressant.

Les vikings dans la musique métal était une conférence de Simon Theodore. C’était une conférence flash organisée par le pôle histoire. Simon Théodore prépare une thèse  à l’université de Strasbourg, sous la direction de Thomas Mohnike, une thèse en Études Scandinaves au sujet de l’utilisation et de la réception du Moyen Âge scandinave dans les magazines de musique métal. Il a auparavant soutenu un master Histoire et Audiovisuel à la Sorbonne en 2015, avec un mémoire intitulé « Une histoire du viking metal (1970-2014). Contribution à l’étude de l’imaginaire nordique ». Il nous a ainsi présenté son travail et répondu à plusieurs questions sur le sujet.

J’attendais avec impatience la conférence sur Lovecraft, le maître de Providence: une vie, une biographie… qui a eu lieu le samedi 25 à 17h. Lloyd Chery se chargeait des questions à S.T. Joshi dont la traductrice était Morgane Saysana. La conférence fut intéressante mais décevante sur un point: elle était destinée aux personnes ne connaissant pas forcément Lovecraft très bien, en gros c’était Lovecraft level 1 et je pense que le level 2 m’aurait mieux convenu.

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La première question a portée sur la découverte de Lovecraft par S.T.Joshi. Ce dernier l’a découvert vers 13 ans avec L’abomination de Dunwich. Il a été marqué par l’atmosphère qui se dégageait du texte et en a lu d’autres. Puis il s’est ensuite intéressé à l’écrivain, la personne dont on savait peu de choses à l’époque.

Ensuite, Joshi a évoqué les grands moments de la vie de Lovecraft qui a passé 34 ans de sa vie à Providence. Il était autodidacte et passionné par le journalisme amateur qui lui a d’ailleurs permis de rencontrer Sonia Greene sa future femme de 1924 à 1926.

La question suivante porta sur le fait de savoir comment Lovecraft a été redécouvert après sa mort. Lovecraft n’a jamais publié de son vivant hormis dans le magazine Weird tales. Ses amis écrivains ne se doutaient pas de la gravité de sa maladie car il ne leur en avait pas parlé. August Derleth et Donald Wandrei ont fondé la maison d’édition Arkham House en 1939, consacrée à l’œuvre de HPL. À la fin des années 60, HPL est passé à la postérité.

Lloyd Chery a ensuite voulu savoir comment S.T.Joshi avait procédé pour écrire sa biographie. La richesse d’informations concernant HPL vient de l’immense quantité de correspondance où il révèle des détails intimes sur lui-même. C’était son moyen de communication. Ses amis et sa femme ont égalment écrit des témoignages sur leur rencontre avec HPL. La principale difficulté était d’extraire l’essentiel de cette masse d’informations et de créer un tout cohérent.

Les questions suivantes se sont intéressées à l’œuvre de Lovecraft qui ne parle pas de la manière dont il a écrit ses textes dans ses lettres. Joshi a évoqué l’influence de Lord Dunsany et Arthr Machen sur les textes de Lovecraft. Les héros lovecraftiens étaient le plus souvent des scientifique ou des érudits qui ont à cœur d’explorer l’étrange. C’étaient des individus très rationnels mais qui basculent en rencontrant le surnaturel. Les textes de HPL mettent en évidence l’insignifiance de la vie humaine et le phénomène de l’horreur cosmique. Pour Joshi, l’apogée du travail de Lovecraft est Les montagnes hallucinées. HPL était passionné par l’Antarctique dès l’âge de 10 ans. Il a écrit le texte en 6 semaines. Avec ce texte, il a mis en évidence une nouvelle manière de concevoir l’étrange en se basant sur des découvertes scientifiques et en y mêlant du surnaturel. Pour Joshi, le passage avec le shoggoth est le plus terrifiant de la littérature.

Ensuite, est venu la question de savoir pourquoi HPL est si populaire de nos jours. Lovecraft dans ses textes a ignoré les questions de sexe et d’argent ce qui a donné une dimension atemporel à son œuvre et fait qu’elle pouvait se transmettre.

Bien entendu, le problème du racisme a été évoqué. Joshi a expliqué qu’en tant que biographe son rôle n’est pas de condamner mais d’essayer d’expliquer. L’environnement de HPL a fait de lui ce qu’il était, il a vécu dans un environnement raciste, dans une famille d’aristocrates déchus à qui il ne restait que la fierté des ses racines. À l’époque, les croyances scientifiques disaient que des races supérieures existaient. L’évolution des pensées a prouvé depuis le contraire mais cela a pris beaucoup de temps. Il faut ainsi remettre les choses en perspective par rapport à son époque.

La dernière question a porté sur les projets de Joshi autour de HPL. Il a écrit la biographie entre 1993 et 1995 mais a eu du mal à trouver un éditeur. Elle a été publié en 1996 mais avec des coupures. puis publié en intégralité en 2010. Joshi a pour projet un livre basé sur les correspondances de HPL et voudrait publier les lettres qui ont survécu au temps mais cela risque d’être énorme!

Des questions ont été posées ensuite à Christophe Thill le directeur de la traduction française de la biographie. Il a posé le cadre des traductions et choisi les traducteurs en fonction de leurs affinités avec telle ou telle partie. La traduction a représenté un an de travail répartie sur 10 traducteurs. La citation « I am Providence » sur la tombe de HPL a été ajouté en 1977 par un fan de l’auteur qui a prononcé cette phrase durant les années où il a habité New York.

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La dernière conférence du samedi était à 18h: La SF nous offre …la Lune! La modération était de Jérôme Vincent. Les invitées étaient :Johan Heliot, Johanna Sinisalo (Anne Colin du Terrail traductrice), Natacha Vas-Deyres (universitaire), Jessica Flahaut. Cette dernière est chercheuse CNRS au Centre de Recherches Pétrographiques et Géochimiques (CRPG) de Nancy et ses travaux portent sur l’étude des données renvoyées par les missions lunaires et martiennes. Natacha Vas-Deyres est revenue sur la lune dans les œuvres d’imaginaire avec le texte de Cyrano de Bergerac. Johanna Sinisalo a écrit le Reich de la lune qui est aussi un film Iron sky avec des nazis sur la face cachée de la lune. Elle s’est beaucoup documentée sur la lune mais a utilisé une technologie inconnue dans son roman. Pour Natacha Vas-Deyres, plus on connait la lune et moins elle se trouve dans l’imaginaire, laissant ce rôle à Mars. Les premières images de la face cachée de la lune datent de 1959. Un robot chinois s’est posée sur la face cachée en janvier de cette année. Lors des missions Appolo et Luna, 400 kg de roches lunaires ont été ramenées sur Terre. La croyance d’une vie sur Mars a été longtemps répandue. En 2020, 3 robots seront envoyés sur Mars pour savoir s’il y a eu de la vie sur Mars à un moment donné. Les robots vont creuser en profondeur. La lune, d’après Jessica Flahaut, est la pierre de rosette des planétologues. Les recherches sur formation des planètes vienennt de la lune et de ce qu’on a appris grâce à la lune. Cette conférence était surtout intéressante pour les connaissances de Jessica Flahaut.

Le dimanche 26 mai:

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Le dimanche en général c’est un peu plus tranquille dans la bulle du livre et on profite des derniers tours dans les allées et de quelques conférences. La première avait pour titre : Ces écrivains ont de l’humour… Et c’est pas triste ! Le modérateur était Jean-Luc Rivera, du côté des invités il y avait Jean-Claude Dunyach, Alexis Flamand, Sylvie Miller et Philippe Tessier. Cette conférence était placée sous le signe de la bonne humeur et des blagues qui ont fusé. Philippe Tessier a présenté son roman Morts aux éditions Leha. Jean-Claude Dunyach a parlé de sa série dont le troll est le héros qui devrait avoir un autre tome. Alexis Flamand a parlé du cycle d’Alamänder réédité chez Leha également et dont on a acheté le premier tome. Sylvie Miller a parlé de sa série Lasser qui se termine bientôt. De bonnes idées de lecture pour garder le sourire!

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À 15h, il y avait deux conférences qui m’intéressaient: Récits mythologiques… en terres celtes ! et Nous aimons tous (ou presque)…la fantasy historique. N’ayant pas encore le don d’ubiquité, je suis allée à la seconde où la modération était assurée par Christophe De Jerphanion. Les invités étaient: Sandrine Alexie, Nicolas Bouchard, Fabien Cerutti, Lionel Davoust. La conférence a débuté par un débat sur le terme de fantasy, Fabien Cerutti lui préfère médiéval fantastique mais le terme ne convient pas à tous les romans surtout ceux ne se déroulant pas à l’époque médiévale. Vaste débat où il devrait être difficile de trouver une réponse satisfaisant tout le monde. Sandrine Alexie a parlé de son roman le premier tome de L’Appel des Quarante qui se déroule pendant la période des croisades. Nicolas Bouchard a choisi Descartes comme personnage pendant la guerre de 30 ans. Lionel Davoust a créé un univers pour ses romans, celui d’Evanégyre, mais il s’est inspiré de l’histoire pour Les dieux sauvages et notamment de Jeanne D’Arc. Ce qui intéresse particulièrement Lionel Davoust est l’étude des résonances mythiques de l’histoire de Jeanne D’Arc. Il fut ensuite question de magie et Fabien Cerutti a rappelé l’histoire médiévale de la magie, ainsi jusqu’au 14 ème siècle on retrouve de nombreuses traces de croyance en la magie et une forte présence dans les livres. C’est un décret papal qui en 1326 démarra le déclin de la magie, par l’étendue des pouvoirs de l’inquisition.

Comme chaque année, les conférences permettent de mieux connaitre des auteurs, d’élargir le débat autour de sujets et d’imposer la littérature de l’imaginaire comme une littérature solide et variée. Pour ceux qui voudraient les voir ou revoir, les conférences des Imaginales sont mises en ligne sur le site d’Actusf ainsi que toutes les interviews faites par leurs soins. Ce site est d’ailleurs une mine d’informations pour les curieux d’imaginaire.

 

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