Bifrost n.94. John W. Campbell

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Le nom de John W.Campbell ne vous est peut-être pas familier, pourtant il a marqué la science-fiction pour plusieurs raisons: la nouvelle La Bête d’un autre monde (en anglais Who Goes There?) qui a été adaptée au cinéma plusieurs fois dont une par John Carpenter et ensuite son travail d’éditeur dans le milieu des magazines de science-fiction. L’occasion pour la revue de parler un peu plus des personnes travaillant dans l’ombre et du milieu de l’édition aux États-Unis des années 40 à 60.

Commençons par les nouvelles qui sont au nombre de 4:

Pour débuter, Sam J.Miller nous propose Les choses à barbe,  une suite au film de John Carpenter, The Thing, lui-même inspiré de la nouvelle de John W.Campbell. MacReady, personnage du film, rentre chez lui en ayant oublié beaucoup de ce qui s’est passé durant l’expédition. Il essaye de retrouver sa vie d’avant mais des choses étranges commencent à se produire. Le texte parle de plusieurs thématiques comme le Sida, la lutte des minorités, problème qui touchent beaucoup l’auteur et qui sont plus mis en avant dans le texte que l’aspect surnaturel. C’est un peu dommage, mais j’ai trouvé la nouvelle intéressante à découvrir.

Laurent Queyssi offre un texte touchant avec Les Nouvelles Aventures de Flip-Flop, et une belle relation père fille. Un auteur de bande dessinée se voit proposer de continuer les aventures d’un personnage très connu de BD, Flip-flop. Il hésite car le créateur voulait que l’œuvre s’arrête avec lui. À cela s’ajoute des problèmes avec sa fille adolescente. Le récit offre très peu de surnaturel mais la nouvelle se lit très facilement grâce à la plume très fluide de l’auteur qui ancre le texte dans notre quotidien. Un bon texte fantastique d’une lecture plaisante.

La nouvelle suivante, Le Triangle de Lavrentiev, est signée Michael Rheyss, pseudonyme de Ugo Bellagamba. Dans le bifrost consacré à Edmond Hamilton, on retrouvait une nouvelle de l’auteur sous forme d’hommage à la science-fiction, que l’on retrouve également ici avec le personnage de Isaac Asimov. Le texte parle de complot, de société secrète au milieu d’un dîner parisien du couple Asimov. L’auteur connait visiblement très bien Asimov, mais le texte m’a peu parlé car je ne connais pas bien cet auteur pourtant culte.

La dernière nouvelle est signée par John W. Campbell et s’intitule Le ciel est mort. Suite à un accident, un pilote d’essai se retrouve dans une situation étrange où il découvre un monde froid qu’il ne reconnait pas. Le ciel semble mort, et le désespoir emporte l’homme. Un texte emprunt d’une certaine beauté mais dans lequel j’ai eu du mal à entrer, certainement à cause d’un style un peu vieillot.

Le numéro se poursuit avec les traditionnelles chroniques et critiques de revues. Ma PAL n’a pas trop tremblé pour le moment. Ensuite, on trouve un article très intéressant consacré à Philippe Gady, illustrateur et collaborateur de longue date du Bélial. Les questions sont diverses et permettent de mieux comprendre le travail de l’illustrateur.

Vient ensuite le gros du numéro avec le dossier consacré à John W. Campbell avec surtout un très gros article signé Francis Valéry et 6 autres articles. L’article de Francis Valéry est une biographie de l’auteur avec ses parutions, sa bibliographie. Un article qui parle du milieu de l’édition également puisque Campbell a été à la tête de la revue Astounding Stories puis plus tard de Unknown. Cette activité lui ayant pris énormément de temps, sa carrière d’écrivain est passé au second plan. L’auteur a été peu traduit en France mais pourtant son travail d’éditeur a permis de faire connaitre des auteurs comme Robert Heinlein ou encore Theodore Sturgeon. L’article est un peu incomplet concernant la fin de la vie de l’auteur mais apprend pas mal de choses le concernant.

Parmi les articles suivants, on trouve un article signé Theodore Strurgeon et datant de 1954 où il parle du travail de Campbell, son éditeur. Puis, un article de Campell lui-même, qui comme le nom de l’article l’indique bien, la science de l’écriture de la science-fiction, nous donne ses indications pour écrire de la bonne science-fiction. Pour vraiment apprécier cet article, il faut une bonne connaissance des textes de l’époque. Il est amusant de noter qu’à un moment l’auteur mentionne un certain Don A.Stuart comme exemple à suivre et qu’il s’agit du pseudonyme de l’auteur. Après tout, un proverbe dit qu’on est jamais mieux servi que par soi-même.

Le dossier propose par la suite une bibliographie des textes de l’auteur dont peu on été traduits en français, ainsi qu’une analyse par Philippe Boulier du recueil Le ciel est mort. Le dossier se termine par des extraits de lettres de l’auteur pour des écrivains avec qui il travaillait, Theodore Strurgeon, Robert A.Heinlein ou Isaac Asimov. L’article que j’ai trouvé le plus intéressant est celui écrit par Thomas Day et qui traite de la nouvelle La Bête d’un autre monde et de ses adaptations cinématographiques. L’article analyse la nouvelle de Campbell et les films qui en ont été tiré: La chose d’un autre monde en 1951, The Thing de Carpenter en 1982 puis The Thing de Matthijs van Heijningen en 2011. Le film de Carpenter figurant dans mes films préférés est très bien analysés et l’article donne fortement envie de lire la nouvelle de Campbell et de (re-)voir les 3 films.

Enfin, Roland Lehoucq et Frédéric Landragin s’intéressent à la photographie dans les littératures de l’imaginaire. On y trouve des anecdotes sur la manière de faire des faux en photographie et sur la manière de traiter la photo dans les livres ou les films. La rubrique finale des news évoque les Imaginales où l’équipe du Bélial ne sera visiblement pas présente, ce qui est dommage, puis parle de la revue  H2 Fanzine qui va sortir son 3ème numéro et enfin de la très bonne série Love, Death and Robots.

Un numéro sympathique de Bifrost qui permet de mieux connaitre un acteur important de la science-fiction américaine.

Autres avis: Lorhkan, Le chien critique

bifrost

Sommaire

NOUVELLES

  • Les Choses à barbe, de Sam J. MILLER
  • Les Nouvelles Aventures de Flip-Flop, de Laurent QUEYSSI
  • Le Triangle de Lavrentiev, de Michael RHEYSS
  • Le ciel est mort, de John W. CAMPBELL

RUBRIQUES ET MAGAZINE

  • Objectif Runes : les bouquins, critiques & dossiers
  • Le coin des revues, par Thomas Day
  • Paroles d’illustrateur : Philippe Gady, par Erwann Perchoc

AU TRAVERS DU PRISME : JOHN W. CAMPBELL

  • Le tutélaire, par Francis Valéry
  • À propos de John W. Campbell, par Theodore Sturgeon
  • La science de l’écriture de la science-fiction, par John W. Campbell
  • Le ciel est mort… ou presque, par Philippe Boulier
  • La chose en soi : trois visions d’une paranoïa antarctique, par Thomas Day
  • Homme de lettres par John W. Campbell
  • Bibliographie des œuvres de John W. Campbell, par Alain Sprauel

SCIENTIFICTION

  • Photografiction : la photographie dans les littératures de l’imaginaire, par Frédéric Landragin et Roland Lehoucq

INFODÉFONCE ET VRACANEWS

  • Paroles de Nornes : pour quelques news de plus, par Org

 

 

 

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6 commentaires sur “Bifrost n.94. John W. Campbell

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  1. Et bien, nous avons un ressenti très proche sur ce numéro.
    La nouvelle La Bête d’un autre monde se lit bien, mais ce n’est pas inoubliable non plus. Surtout intéressante pour le parallèle avec les films.

    Aimé par 1 personne

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