The Haunting of hill house

HauntingHillHouse-tp0004c_Double_Gate_Cover_houseback

The Haunting of Hill House est une série américaine en 10 épisodes créée par Mike Flanagan et disponible depuis le sur Netflix. La série s’inspire du roman éponyme de Shirley Jackson  paru en 1959, le titre français est La maison hantée. Ce roman a déjà été adapté plusieurs fois au cinéma, une des plus célèbres étant La maison du diable, en 1963. D’ailleurs dans le film, les personnages principaux s’appelaient Eleanor « Nell » et Theodora « Theo » comme deux des personnages de la série. La série s’éloigne assez du roman d’origine qui sert plus de toile de fond.

La série est constituée de deux trames temporelles qui s’emboitent tout au long des épisodes. Las passages entre les époques sont extrêmement bien amenés. La trame temporelle principale se situe de nos jours tandis que la seconde se place durant l’été 1992. En 1992, la famille Crain, composée des parents Hugh et Olivia et de leurs 5 enfants (Steven, Shirley, Theodora, Luke et Eleanor) s’installent dans un ancien manoir dans le but de le rénover puis de le vendre. Le manoir s’appelle Hill House, du nom de ses bâtisseurs, les Hill. Les choses ne se passant pas exactement comme prévues, la famille quitte précipitamment la demeure sans la mère qui se serait vraisemblablement suicidée. 26 ans après cette tragédie, la famille est plutôt désunie mais ils vont se retrouver, réunis par une nouvelle tragédie familiale.

hauntinghillhouse

Un des points forts de cette série est d’avoir créé une ambiance très oppressante, beaucoup plus basée sur une peur psychologique que sur des gros effets tape-à-l’œil ou des effets spéciaux à outrance. La série fait ainsi peur, joue sur les tensions, les peurs propres à chacun. Son atmosphère fait un peu penser au film Les Autres, d’Alejandro Amenábar où il était aussi question d’une étrange demeure et de fantômes. Il y a quand même quelques scènes de pure horreur à vous glacer le sang, et quelques jump scares bien amenés. Les flashbacks de l’été passé par la famille dans la maison évoquent des nuits terribles qu’ont vécues les enfants, plus angoissantes les unes que les autres. Un des épisodes les plus marquants et les plus réussis est l’épisode 6, les deux tempêtes qui au moyen de plans-séquences (cinq plans-séquences comme le nombre de membres restants) crée une tension effrayante à souhait.

Une des autres réussites de la série est d’avoir centré son récit sur ses personnages. Chaque membre de la famille a un épisode qui lui est plus proprement consacré, en commençant par les enfants du plus âgé au plus jeune. Les parents ont aussi droit à un épisode centré sur chacun d’eux, le neuvième épisode, consacré à la mère, Olivia est à ce titre différent des autres, puisqu’il se déroule entièrement en 1992. Les 5 premiers épisodes suivent le destin de chacun des enfants marqués à vie par le drame de leur enfance qui continue à perturber leur vie. Chacun des enfants a sa manière de gérer son enfance si particulière: Steven est devenu auteur de best-seller en se basant sur l’histoire de Hill House, Shirley tient une maison mortuaire et côtoie la mort au quotidien, Theodora est psychologue pour enfants et vit tout près de Shirley, Luke enchaine les cures de désintoxication, et Nell est au plus mal à cause d’un drame dans sa vie privée.

La série se centre ainsi beaucoup plus sur ses personnages en explorant leurs angoisses personnelles, leur psychologie tourmentée par le passé. Certes, leur passé a été marqué par leur bref passage dans la demeure présumée hantée, mais le surnaturel est presque un prétexte pour se consacrer à la psyché d’une famille marquée par le deuil. Cela fonctionne d’autant plus qu’il est facile pour le spectateur de se sentir proche de l’un ou de l’autre des membres de cette famille. La série bénéficie d’un casting solide qui arrive à rendre les personnages crédibles et à faire passer l’émotion.

haunting-of-hill-house-photo-1032695

La série bénéficie d’une construction adroite apportant peu à peu des réponses aux questions posées par la demeure. Les mystères sont nombreux et le puzzle met du temps à s’assembler, à l’image de cette famille qui se livre peu à peu et dont les membres sont victimes de hantises personnelles, du deuil, de dépression. Chaque épisode utilise des mises en scène différentes pour parler d’un protagoniste. Ainsi, l’épisode consacré à Luke tend vers le drame intimiste avec la drogue et ses démons en toile de fond et est à ce titre un des plus émouvant. Autre épisode très marquant, celui centré sur Nell, un épisode sous forme de conte romantique et macabre, est une vraie réussite dont la chute est véritablement glaçante. Mike Flanagan fait ainsi preuve d’un vrai talent pour créer la peur au travers du quotidien et de la psychologie, en mêlant intimement émotion et horreur.

Un des autres aspects de la réalisation à noter est le fait d’avoir réussi à faire de la demeure un des personnages du récit, sinon le protagoniste central. L’image de la maison hante véritablement le spectateur. La demeure change tour à tour d’aspect sous la caméra de Mike Flanagan jouant avec de longs plans, passant de la maison familiale qu’on a envie d’explorer à la demeure lugubre que l’on craint. La maison qui sert de cadre à la série existe d’ailleurs vraiment, elle se trouve en Géorgie, et la majorité des scènes en extérieur y ont été tournées.

La réalisation de Mike Flanagan est efficace et permet de renouveler un genre qu’on aurait pu penser user jusqu’à la corde. Cependant, la toute fin ne correspond pas au reste de la série et déçoit par rapport au reste, très maitrisé. Quelques passages auraient du être supprimés pour rester dans la même tonalité que le reste. Cela n’empêche pas la série d’être d’un très bon niveau mais comme souvent la fin est plus marquante dans les esprits que le reste, cela pourra déboussoler certains spectateurs.

The Haunting of Hill House est donc une série très bien construite, qui se dévoile peu à peu et dont les pièces du puzzle se mettent peu à peu en place. Le surnaturel y est très bien employé et au service de la psychologie de personnages marqués par le destin, par cette étrange demeure à l’aura si puissante. Malgré une fin légèrement en dessous, la série renouvelle le genre de belle manière et suscite la peur à plusieurs reprises. Oserez vous entrer dans Hill House et affronter ses fantômes?

 

 

Publicités

13 commentaires sur “The Haunting of hill house

Ajouter un commentaire

  1. Ça à l’air très sympa mais comme je suis une grosse froussarde je vais passer mon tour ^^ Je supporte très mal les trucs angoissants, et avec cette histoire de maison hantée il y a de grandes chances pour que je n’arrive pas à dormir avant un moment 😉

    Aimé par 1 personne

        1. Terror ça allait parce que c’était dans un milieu inconnu. Par contre, tout ce qui est esprits ou phénomènes bizarres dans une maison ça me fait psychoter ^^ (après je peux toujours tenter le premier épisode en me cachant derrière Dionysos aux moments flippants ^^)

          J'aime

  2. Je ne connaissais pas DU TOUT.
    Et même si cela a l’air franchement génial, il y a un petit truc. J’aime lire de l’horrifique, mais va-t-en savoir… ce n’est pas possible pour moi de regarder des films et des séries. J’en fais des cauchemars parfpois terrible, et si mon imagination me sert et me permet de belles frayeur quand je lis. Quand je regarde film ou série, le visuel est si frappant et intense que la nuit, il n’y plus de frontières entre le réel et l’imaginiare.

    Bref, très belle critique!

    Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :