Le bâtard de Kosigan, le marteau des sorcières

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1341, sur les traces de son passé, le Bâtard de Kosigan et sa compagnie s’enfoncent dans les profondeurs de l’Empire germanique au service d’un puissant seigneur du Rhin. Les mystères s’épaississent, mêlant complots, magie et religion, sur fond de chasse aux sorcières. Le chevalier devra naviguer avec prudence sur des eaux redoutables où l’Inquisition rôde et où il est parfois difficile de distinguer amis et ennemis. À quelques siècles d’intervalle, Kergaël de Kosigan tente d’élucider les interrogations soulevées par les écrits de son ancêtre. Mais remuer les secrets de l’Histoire s’avère périlleux et la vérité a toujours un prix.

Édition: Mnémos

Auteur: Fabien Cerutti

Parution: 24 août 2017

L’auteur: Fabien Cerutti est agrégé d’histoire et enseigne en région parisienne. Il passe une partie de sa jeunesse en Guyane et en Afrique et se passionne très tôt pour les cultures de l’imaginaire et les médias interactifs, dont le jeu de rôle et le jeu vidéo. Inspiré par le Trône de fer qu’il considère comme une œuvre majeure, il commence par inventer des scénarios pour le jeu en ligne Neverwinter Nights se déroulant dans l’univers du Bâtard de Kosigan. Il se crée alors autour de son personnage une belle communauté d’aficionados. Encouragé par ce premier succès, Fabien Cerutti se lance dans son aventure personnelle : écrire un roman foisonnant et surprenant dans lequel il conjugue à la fois sa connaissance des genres et son habileté de conteur. (source: site Mnémos)

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Ce roman faisait partie de ceux que j’attendais le plus cette année, il faut dire que le tome 2 est sorti en avril 2015, ce qui fait tout de même un peu d’attente. Et cette attente fut comblée de très bonne façon puisque ce tome 3 est d’un aussi bon niveau que ces prédécesseurs.

Ce tome prend la suite des 2 précédents qu’il est tout de même préférable d’avoir lu auparavant, même si les faits importants et nécessaires à la compréhension sont mentionnés. Le même procédé narratif que dans les précédents tomes est repris: on retrouve un échange épistolaire en 1900 avec Kergaël de Kosigan comme fil directeur et un récit à la première personne en 1341 par notre bâtard préféré. En 1341, Pierre de Kosigan se rend dans l’Empire germanique afin d’en apprendre plus sur ses origines. Bien sur, les choses ne vont pas se dérouler simplement et notre héros sera confronté à une ville sous l’emprise de l’Inquisition et à une élection impériale qui se profile. Ses recherches sur les sorcières de la ville prennent ainsi un tour difficile. Parallèlement, en 1900, Kergaël, remis de ses mésaventures précédentes, continue ses investigations sur les écrits de son ancêtre.

Même si dans les précédents tomes, j’avais une légère préférence pour le récit des aventures de Pierre de Kosigan, celles de son descendant prenaient de plus en plus d’ampleur et d’intérêt. C’est à nouveau le cas dans ce tome 3 où les révélations se multiplient pour Kergaël et où le récit est une véritable enquête historique, à la fois complexe et palpitante. Les différents protagonistes de cette époque ont tous un rôle à jouer et on prend plaisir à suivre leurs investigations, à démêler les intrigues. Ce tome apporte des réponses à certaines questions de Kergaël mais amène aussi de nouvelles questions.

Du côté du récit du bâtard, les révélations sont moins nombreuses mais le récit est tout aussi palpitant. Par rapport aux autres tomes, l’accent est moins porté sur l’action mais plus sur l’angoisse. L’apparition des sorcières dans l’intrigue y est pour beaucoup, comme les légendes anciennes. Notre héros fera d’ailleurs de drôles de rencontres à commencer par un troll et son marteau. Fabien Cerutti a tenu à me rassurer: aucun troll n’a été blessé ou mis en danger pour l’écriture de cette scène!

Fabien Cerutti reprend un procédé narratif utilisé dans le second tome en utilisant d’autres narrateurs en 1341. On retrouve, entre autres, ainsi avec plaisir Dùn, la changeforme, un de mes personnages favoris, les chapitres la concernant sont excellents, avec de l’humour et du suspense. La plume de l’auteur est différente à chaque narrateur que l’on arrive à différencier juste par le style. Chaque narrateur a sa personnalité qui transparait dans l’écriture. Le style de l’auteur est à la fois recherché, fluide, imagé et chaque personnage a son langage propre.

Les personnages sont toujours aussi attachants et intéressants sans être manichéens. De nouveaux personnages font leur apparition, et le glossaire à la fin du livre a son utilité, surtout si vous n’êtes pas familier avec l’allemand comme c’est mon cas. Cet opus vient enrichir un univers déjà foisonnant, en apportant de nouveaux protagonistes et de nouvelles légendes d’un moyen-âge à la fois différent et proche de celui que l’on connait.

On est très vite happé par le récit, tournant les pages s’en sans apercevoir. Il est presque impossible de poser le livre après la moitié environ. Le livre se lit presque trop vite pour nous laisser sur deux beaux cliffhanguers, pantois et attendant la suite avec impatience et le regret d’avoir déjà fini ces nouvelles aventures de la famille Kosigan.

C’est à nouveau un pari réussi avec brio pour ce nouvel opus du bâtard de Kosigan. La mise en abîme de l’histoire est très bien construite, des pièces du puzzle se mettent en place tandis que de nouveaux mystères surgissent. L’action est moins présente mais le rythme ne faiblit pas, les deux époques se suivent avec autant d’intérêt et sont mises en valeur par la plume de Fabien Cerutti qui fait preuve d’un indéniable talent de conteur. En un seul mot: une grande réussite!

Célindanaé

ΨΨΨΨΨ

Fabien Cerutti frappe encore un grand et beau coup avec la suite des aventures du Batard de Kosigan au moyen-age, et de son « descendant » à l’aube du 20ème siècle. On est de suite immergé dans l’ambiance fascinante de ce moyen-age alternatif (ou pas ?) et cette théorie du complot matinée de sociétés secrètes et de franc-maçonnerie. On flaire le piège et le truc pourri dès le début de l’intrigue, mais la suite se révèle encore pire… Le style de l’auteur est toujours aussi fluide, imagé, et au combien immersif. Les personnages sont attachants, même les plus secondaires. En bref, une grande réussite à nouveau, un roman que l’on ne lâche que contraint et forcé. Seul bémol : une fin abrupte, pour ce roman qui n’est qu’une partie 1, appelant une suite que l’on va avoir du mal à attendre !

Lhotseshar

Autres avis: Dionysos, l’ours inculte

Cette chronique fait partie du  challenge littérature de l’imaginaire

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et du Challenge Summer Short Stories of SFFF  de Xapur

Challenge Summer Short Stories of SFFF - saison 3

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Attention au troll! 😉
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23 réflexions au sujet de « Le bâtard de Kosigan, le marteau des sorcières »

  1. Je l’ai repéré, et il faut que e commence à lire le tome 1. Un jour.
    Cela correspond tout à fait à mes attentes dans ce domaine de fantasy, alors je suis assez impatiente de dégager du temps!

    Merci de me mettre l’eau à la bouche!

    Aimé par 1 personne

  2. Je viens de le finir… put*** de cliffhanger 😛
    Bon, c’était trop bien, reste plus qu’à mettre ça en mots.
    Je viens de lire grâce à ton lien la chronique de L’ours inculte, je te remercie pour le fou rire ! Excellent !!!

    Aimé par 1 personne

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