Withechapel

withechapel1 Londres, 1888. Lorsque des cadavres de femmes atrocement mutilées sont repêchés dans la Tamise, le médecin légiste Thomas Bond comprend qu’un second tueur sévit dans les rues de Whitechapel. Or cet assassin paraît plus inhumain que Jack l’Éventreur lui-même…
Pour lutter contre ses insomnies, le docteur Bond passe ses nuits dans les fumeries d’opium. Chaque soir, un inconnu en noir vient examiner les rêveurs perdus dans les brumes opiacées. Pourrait-il être la clé du chaos qui s’est emparé de la capitale ?

Auteur: Sarah Pinborough

Traducteur : Frédéric LE BERRE

Édition: Bragelonne

Date de parution : 17/09/2014

L’autrice: Sarah Pinborough est la nouvelle étoile du fantastique et de la terreur en Grande-Bretagne. Elle a également écrit de la fantasy pour la jeunesse, sous le nom de Sarah Silverwood, et travaille actuellement à plusieurs projets de séries télévisées. (source site éditeur)

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J’avais acheté ce livre lors de la promo numérique de Bragelonne à 1 euro, intriguée par son titre, car j’aime bien les livres parlant de Jack l’éventreur. J’ai mis un peu de temps à le lire car je savais très peu de choses sur ce roman (je l’avais d’ailleurs classé dans le TAG 12 livres à lire en 2017 dans la catégorie: un livre que vous avez envie de lire mais dont vous ne savez presque rien.) Les promos Bragelonne peuvent être l’occasion de faire de bonnes affaires… mais aussi de mauvaises pioches comme ce fut le cas pour cet ouvrage !

La période de la fin du XIX ème siècle en Angleterre est une période qui m’intéresse assez et le mystère de Jack l’éventreur contient suffisamment de zones d’ombre pour éveiller la curiosité. Ce roman s’intéresse à cette période et aux meurtres de Withechapel qui ne furent vraisemblablement pas seulement l’œuvre de Jack l’éventreur mais aussi d’un second assassin surnommé « tueur aux torses ». Les victimes furent nombreuses et issues d’un quartier très pauvre de Londres, Withechapel. Ses crimes furent célèbres pour plusieurs raisons, la principale étant la brutalité dont ont fait preuve les tueurs qui n’ont jamais été retrouvés.

Le roman prend ainsi comme point de départ une histoire vraie et les faits correspondent aux dates des véritables crimes, mais s’intéresse plus aux crimes du « tueur aux torses ». L’auteure a choisi de mêler enquête policière, histoire et surnaturel dans ce roman, ce qui était une bonne idée de départ mais qui hélas ne fonctionne pas du tout. Le roman est très documenté et permet d’apprendre pas mal de choses sur cette époque. Le problème du roman vient à mon sens de deux choses: le peu d’originalité et un gros souci dans la construction du récit.

Le roman est raconté principalement par le personnage principal, Thomas Bond,  médecin légiste travaillant pour la police. Il souffre d’insomnies et s’adonne à l’opium pour tenir le coup. Cela fait franchement penser au personnage de Johnny Depp dans From Hell (à part que ce dernier était policier). D’autres traits de son caractère font également penser à ce personnage, il travaille en collaboration directe avec la police et est assez solitaire et taciturne. Les autres protagonistes ne sont pas vraiment mieux lotis question originalité : un noble en quête d’aventures, un prêtre exorciste, bref rien de bien folichon.

Le surnaturel apparait au fur et à mesure et principalement par le thème de la possession d’un humain par un démon. Les croyances utilisées proviennent des légendes polonaises sur un démon de l’eau. Ce n’est pas la première fois qu’on utilise le thème de la possession pour expliquer des crimes terribles (comme si les hommes avaient besoin de ça pour justifier l’horreur dont ils sont capables). Cela me dérange pour le manque d’originalité, parce que ça n’apporte rien à l’histoire des crimes de Withechapel et en plus parce que l’auteure se sert de cette possession pour justifier à la fois les crimes du « tueur aux torses » et ceux de Jack l’éventreur. On a franchement vu mieux comme histoire parlant de cette époque comme Je suis le sang de Ludovic Lamarque et Pierre Portrait ou le film From Hell. De plus, j’ai presque eu l’impression que l’histoire de Jack était plus un prétexte qu’autre chose pour attirer le lecteur.

Le roman a plusieurs narrateurs: les inspecteurs, un personnage féminin Elisabeth, le journal de James et surtout le docteur Bond. Quand l’histoire est racontée par le docteur Bond, il parle à la première personne alors que pour les autres chapitres, ce n’est pas le cas. Le début du roman est lent, beaucoup de passages notamment sur les effets de l’opium et les habitudes du docteur Bond sont inutilement longs. Le journal de James (le jeune homme possédé) arrive comme un cheveu sur la soupe après un bon tiers de roman et on se demande pourquoi il n’était pas présent avant. Ensuite, la fin est beaucoup trop précipitée comme si l’auteure avait un nombre de pages limitées pour finir son histoire.

Quand on lit un roman de ce genre, on espère un peu de surprises et ne pas deviner ce qui va se passer avant les personnages, et bien là ce fut raté. Plusieurs fois on devine facilement ce qui va arriver et le fin mot de l’histoire alors que le personnage principal (l’opium ne l’aide visiblement pas à réfléchir) met plusieurs jours à comprendre les faits et encore parce que par hasard il croise la bonne personne qui lui explique quasiment tout.

Ce roman fait donc partie des lectures que j’oublierai vite. Il a un goût de déjà vu, trop de longueurs, d’évènements permettant de poursuivre l’histoire qui arrivent au petit bonheur la chance et une construction peu maîtrisée. Les personnages sont trop communs et peu intéressants. Le seul bon côté que je reconnais au roman est d’être bien documenté et de faire bien ressortir l’ambiance du Londres de la fin du XIX ème siècle mais ce n’est pas assez pour donner un roman correct.

Célindanaé

Cette chronique fait partie du  challenge littérature de l’imaginaire

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et du Challenge Summer Short Stories of SFFF  de Xapur

Challenge Summer Short Stories of SFFF - saison 3

 

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13 réflexions au sujet de « Withechapel »

  1. Aha! J’avais lu des avis de ce genre là. Je ne suis donc pas étonnée que tu n’aies pas aimé. C’est vrai que le titre est racoleur, et comme toi, j’ai failli me laisser convaincre pas l’ops B. Surtout qu’à 1€ ce n’est pas un gros investissement.
    Cependant, ayant déjà tant à lire je n’ai pas craqué… et après ton avis : bien m’en a pris.

    Merci d’avoir essuyé les plâtres, mais après tout les Troll sont puissants, bourrins et fait pour taper sur tout ce qui bouge, non?

    Aimé par 1 personne

  2. Super critique. On espère toujours tomber sur la qualité d’un Penny Dreadful (la série) avec ce type de roman, et au final on est souvent déçu. Dommage.

    Je suis d’accord avec toi, sinon,0.99 euros, ce n’est pas cher, donc a tendance à être aventureux et à acheter des livres que nous n’aurions jamais pris en temps normal, mais par contre (et tu le soulignes très justement), le temps de lecture perdu, lui, est loin d’être négligeable.

    Sinon, les Trolls sont puissants, beaux, intelligents, et en plus ils ont un goût musical très sûr basé sur le METAAAAAAL.

    Aimé par 1 personne

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