H. P. L. suivi de Celui qui bave et qui glougloute

HPL

Oubliez tout ce que vous savez : Lovecraft n’est pas mort en 1937 mais a vécu jusqu’à l’âge de 101 ans. À quoi a ressemblé sa vie au cours des décennies suivantes ? Roland C.Wagner, son biographe imaginaire, vous dit tout ! Il vous raconte également ce qui s’est passé réellement en 1890 dans l’Ouest américain lorsque les Indiens ont reçu l’aide d’un allié aussi terrifiant que mystérieux face aux tuniques bleues. Deux textes bourrés d’humour et d’érudition autour de Lovecraft, des rééditions salutaires alors que 2017 marque les 80 ans de la mort du créateur de Cthulhu. H.P.L. a reçu le prix Rosny Aîné 1997. Version anglaise traduite par Jean-Daniel Brèque.

Auteur: Roland Wagner            Éditions ActuSF (Hélios)             16/03/2017

Roland C. Wagner est un écrivain de science-fiction, né en 1960 et mort en août 2012. Il a tout d’abord écrit des articles et des chroniques dans des fanzines avant de publier sa première nouvelle dans les années 1980. Il a ensuite publié des romans et des nouvelles et obtenu de nombreux prix dont le grand prix de l’imaginaire.

Ce livre vient de paraitre dans le cadre de l’opération « Le mois de Lovecraft » organisée par les Indés de l’imaginaire. Cette opération a pour but de célébrer les 80 ans de sa mort qui a eu lieu le 15 mars 1937. Ce livre contient la réédition de HPL ( 1890-1991) en français et en anglais ainsi qu’une longue nouvelle intitulée Celui qui bave et qui glougloute.

HPL est un texte uchronique prenant comme sujet une autobiographie de l’écrivain de Providence qui ne serait pas mort en 1937 mais aurait été soigné pour son cancer et aurait survécu. Avec ce point de divergence, l’auteur rédige une biographie fictive de Howard Philip Lovecraft qui serait alors décédé en 1991 à l’âge de 101 ans. L’idée est intéressante, tout amateur de Lovecraft aimerait en effet pouvoir découvrir d’autres écrits de l’auteur. Le début de la biographie est conforme à la réalité jusqu’à 1937 bien entendu. Roland Wagner imagine un Lovecraft continuant à être écrivain mais rencontrant le succès et remportant même le prix Hugo.

Roland Wagner aborde aussi le côté xénophobe de Lovecraft qui se serait atténué avec le temps au point que Lovecraft en viendra à renier ses opinions précédentes. Il en deviendrait presque un auteur politiquement correct. C’est un point qui fait souvent grincer des dents chez Lovecraft et certainement une version que l’auteur aurait aimé de Lovecraft. J’ai trouvé cela un peu simpliste comme façon de procéder, faisant de Lovecraft quelqu’un de différent qui se serait bonifié avec le temps. Cette fausse biographie est bien faite avec de nombreuses notes de bas de pages lui donnant un aspect réaliste. Le texte se lit bien, part d’une idée originale et rend hommage à Lovecraft. Même s’il est d’un intérêt assez limité, on aurait aimé pouvoir lire autant de romans de Lovecraft qu’il y en a dans cette biographie fictive.

La seconde nouvelle est plus intéressante et s’intègre bien à l’univers de Lovecraft mais en y ajoutant  beaucoup d’humour. Elle se passe dans l’Ouest américain en 1890 avec des indiens aidés par de mystérieuses créatures venues d’on ne sait où. L’auteur y apporte de nombreuses références aux westerns avec des personnages tels que les Daltons mais également à la littérature avec Jules Verne et bien sur Lovecraft. Le texte est assez long pour une nouvelle, environ 90 pages, mais il se lit très bien. L’humour et le côté décalé sont bien utilisés et j’ai rigolé à de nombreuses reprises. L’univers de Lovecraft y est repris avec le fameux Necronomicon et les monstres présents mais avec un recours au second degré qui rend la nouvelle à part. On y retrouve un petit côté partie de jeu de rôle qui aurait mal tourné, un aspect déjanté qui s’intègre bien avec le mythe de Cthulhu.

Les personnages correspondent aussi à l’univers avec un vieux professeur spécialiste du mythe, un bibliothécaire un peu particulier. Cependant, il faut un peu d’action qui est apportée par le chasseur de prime et Miss Pinkerton. On a ainsi une belle brochette de personnages qui pourraient être sortis d’une nouvelle de Lovecraft ou d’une partie de jeu de rôle. Cette novella est ainsi un bel hommage à l’écrivain de Providence. Son côté décalé et ses nombreuses références nous offrent un véritable cocktail détonnant qui rend sa lecture très plaisante, on s’y amuse beaucoup.

Note:8.5/10

Autres avis: pour HPL:GromovarNebal, A.C. de Haenne

Célindanaé

Cette chronique fait partie du challenge francofou et du challenge littérature de l’imaginaire.

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12 réflexions au sujet de « H. P. L. suivi de Celui qui bave et qui glougloute »

    1. C’est vraiment à lire, Boudicca, c’est aussi fondamental en Fantastique que Tolkien en Fantasy. Je plussoie la maîtresse des lieux avec le Cauchemar d’Insmouth, et j’ajoute L’abomination de Dunwich, L’appel de Cthulhu, Les montagnes hallucinées, Dans l’abîme du temps, Celui qui chuchotait dans les ténèbres et A la recherche de Kadath. Pour commencer 😀

      Aimé par 2 people

      1. Merci pour la PAL Apophis :-p Bon si vous vous y mettez à deux en plus je ne peux que me laisser convaincre. Je vais voir si je peux me dégotter Le cauchemar d’Insmouth en librairie ou dans le prochain salon 😉

        Aimé par 1 personne

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